article 2/ Proshèses discales et arthrodèses

INTRODUCTION
Le traitement des lésions dégénératives du rachis lombaire fait appel à des techniques visant à libérer les structures nerveuses quand elles sont comprimées et à des techniques de stabilisation. Ces techniques de stabilisation sont de trois ordres :
1/ les arthrodèses lombaires visent à supprimer totalement les mouvements entre deux vertèbres ou plus,
2/ les prothèses discales visent à rétablir la fonction discale en conservant la mobilité,
3/ les substitutions ligamentaires pour lesquelles les données de la littérature sont faibles.
La fréquence de réalisation de l'une ou l'autre de ces interventions est inconnue en France. La lombalgie chronique, dont la fréquence a été estimée à 60-65% au cours de la vie, est une des pathologies concernée par les techniques d'arthrodèse lombaire ou de prothèse discale. Pour les autres pathologies comme la sténose lombaire, le spondylolisthesis dégénératif ou les reprises pour échec d'intervention antérieure, les données épidémiologiques manquent.
Prothèse ou arthrodèse ?
A/ Les arthrodèses lombaires
Le but de l'arthrodèse lombaire est d'obtenir une union entre deux vertèbres lombaires ou plus. Elle sacrifie la fonction du disque intervertébral. De nombreuses techniques ont été développées pour obtenir la fusion entre deux vertèbres, elles varient par la voie d'abord chirurgicale utilisée, le siège de la greffe osseuse réalisée, par l'utilisation ou non de matériel d'ostéosynthèse ou par le type de greffe utilisée. Selon les pathologies concernées, cette arthrodèse peut s'accompagner ou non de gestes associés de décompression des structures nerveuses.
B/ La prothèse discale (prothèse de disque invertébrale lombaire)
En revanche, le but d'une prothèse discale est de conserver une mobilité entre deux corps vertébraux par remplacement du disque. La prothèse discale permet de maintenir la mobilité de la colonne vertébrale, tandis que la hauteur naturelle des espaces intervertébraux est rétablie. Ainsi, la prothèse prévient la dégénérescence des éléments voisins. Plusieurs modèles de prothèses ont été développés (Prothèse SB CHARITE posée dès 1987 sur laquelle on dispose de données cliniques les + nombreuses, Prothèse ARCOFLEX posée dès 1988, Prothèse PDN Raymedia dès 1996, Prothèse PRODISC dès 1989 et prothèse MOBIDISC.
La prothèse discale consiste en un ensemble mécanique, formé d'un noyau central de polyéthylène, captif en « sandwich « entre deux plateaux métalliques en chrome-cobalt ; ces plateaux métalliques sont munis de « crampons » d'ancrage visant à se maintenir en place sur les plateaux osseux vertébraux qui les supportent. Le fonctionnement biomécanique ainsi que les composants diffèrent. La prothèse Charité SB permet une mobilité presque physiologique du segment lombaire une qualité impérative pour le succès à long terme.
CONCLUSION
Au total, l'ARTHRODESE LOMBAIRE reste mal évaluée.
La comparaison des différentes techniques d'arthrodèses qui peuvent varier par l'utilisation ou non de matériel, par la voie d'abord, par le type de greffe utilisé n'est pas possible, aucune étude randomisée comparant les voies d'abord ou le type de greffe n'ayant été retrouvée. Le mode de sélection des patients devant bénéficier d'une arthrodèse lombaire est donc dépendant de l'analyse individuelle de la pathologie du patient par le spécialiste sur un faisceau d'arguments cliniques et radiologiques en l'absence de littérature apportant des preuves de niveau suffisant.
Quand à la PROTHESE DISCALE.....
Cette technique n'est maîtrisée que par quelques chirurgiens dans le monde. Chaque chirurgien s'est spécialisé dans la pose d'une seule marque. Certains auteurs ont une expérience de 10 ans actuellement. Il pourrait être utile de mettre en place un registre des prothèses permettant d'identifier les porteurs de prothèse, la date d'implantation et si nécessaire la date de retrait. Ces simples données permettraient d'évaluer la survie des prothèses discales.
Avant même d'envisager l'implantation d'un disque artificiel, il convient d'avoir abouti à une double certitude :
- la source anatomique douloureuse est cantonnée à l'espace discal exclusif (douleur discogénique pure), c'est-à-dire que ni le canal rachidien (sténose lombaire), ni les articulations postérieures (facettaires) ne sont à l'origine de la persistance douloureuse ;
- le niveau discal ou les niveaux discaux pathologique(s) doivent être numériquement parfaitement reconnus. A condition d'une extrême sélectivité dans leurs indications et d'une implantation exigeante par des équipes très spécialisées, ces prothèses sont susceptibles de donner des résultats encourageants tant pour les patients que pour la mise au point, dans le futur, de solutions chirurgicales plus physiologiques que les arthrodèses, dans le traitement des nombreuses affections rachidiennes.
La prothèse discale est considérée comme un traitement expérimental, voire dangereux par certains. Le travail de Shelokov (Etats-unis) montre au contraire le bon comportement de ces prothèses chez des patients revus en moyenne à six ans.
Les résultats cliniques sont très satisfaisants (bons ou excellents dans 66% des cas) et les complications rares.
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