mardi, octobre 10, 2006
article16/Traitement de la lombosciatique par nucléolyse laser. A propos de 30 patients suivis 6 mois.

Traitement de la lombosciatique par nucléolyse laser.
A propos de 30 patients suivis 6 mois.
R. Dupuy¹ ³, B. Lavignolle², J.R. Vigne¹, D. Liguoro¹, M. Dautheribes¹, F. San Galli¹, J Guérin¹
¹ : Service de Neurochirurgie A, CHU Pellegrin, place Amélie Raba-Léon, 33000 Bordeaux
² : Service de Chirurgie orthopédique (Pr Vital), CHU Pellegrin, place Amélie Raba-Léon, 33000 Bordeaux
³ : Service de rhumatologie (Pr Dehais), CHU Pellegrin, place Amélie Raba-Léon, 33000 Bordeaux
Tirés à part : Dr R. Dupuy, service de Neurochirurgie A, CHU Pellegrin, place Amélie Raba-Léon, 33000 Bordeaux
RESUME
Depuis1986, le laser est utilisé dans le traitement percutané des hernies discales. Grâce à un effet thermique, il induit une vaporisation du nucleus pulposus et permet une décompression discale à l’origine du soulagement des patients.
Objectifs de cette étude. Evaluer l’efficacité clinique de la nucléolyse laser sur la douleur, l’incapacité fonctionnelle et la qualité de vie de patients souffrant de lombosciatique par hernie discale
Méthode.
Trente patients porteurs d’une lombosciatique par hernie discale depuis plus de trois mois ont été sélectionnés à partir de critères cliniques et radiologiques. Tous n’étaient pas soulagés par un traitement médical bien conduit. Tous ont été traités par voie percutanée avec un laser diode 940 nm de longueur d’onde. Tous ont été suivis de façon prospective sur une durée de six mois par un examinateur différent de l’opérateur. Les paramètres d’évaluation étaient le niveau de douleur lombaire et radiculaire ressentie (EVA), le degrés d’incapacité fonctionnelle (Oswestry) et la qualité de vie (SF-36).
Résultats.
6 mois après l’intervention 23 (76.6%) patients sur les 30 inclus étaient soulagés de leur douleur sciatique (EVA < 20% ). La douleur lombaire et le degrés d’incapacité fonctionnelle diminuaient tandis que la qualité de vie augmentait. Les patients en échec trois mois après la procédure (23.4%) ont tous été soulagés après discectomie chirurgicale.
Conclusion.
La nucléolyse laser permet une diminution significative à 6 mois de la douleur, de l’incapacité fonctionnelle et une augmentation de la qualité de vie dans un groupe de patients sélectionnés porteurs d’une lombosciatique résistante au traitement médical.
INTRODUCTION
Dans le souci de minimiser la voie d’abord, le temps d’hospitalisation et les complications de la chirurgie discale à ciel ouvert, un traitement percutané des hernies discales a été développé depuis 25 ans. Différentes techniques de discectomies ont été décrites : la discectomie instrumentale (1), la décompression latérale de décharge de MONTEIRO et coll. (2), la discectomie sous endoscopie (3) et la nucléoaspiration automatisé de G. ONIK (4).
ASHER et CHOY furent les premiers en 1986 à mettre au point la nucléolyse percutanée laser lombaire (5) ; ils utilisaient un laser néodynium YAG. D’autres auteurs comme SIEBERT (6) LIEBLERT (7) ou GANGI et coll. (8) utilisent le laser dans le traitement percutané des hernies discales.
Nous rapportons notre expérience à propos de 30 patients souffrant d’une lombosciatique par hernie discale, traités par nucléolyse laser et suivi pendant 6 mois.
METHODES
Population
L’étude a été réalisée au Centre Hospitalo-Universitaire de Bordeaux. Les patients étaient recrutés par des rhumatologues, des spécialistes de médecine physique, des neurochirurgiens et des chirurgiens orthopédistes. Les critères d’inclusion et d’exclusion étaient les suivants :
· Critères d’inclusion :
Patients âgés de moins de 65 ans, porteurs d’une lombo-sciatique résistante au traitement médical et repos depuis plus de 3 mois.
Présence au scanner ou à l’IRM d’une hernie discale en position médiane ou postéro-latérale, sous ligamentaire, non migrée ou exclue dans le canal rachidien.
Correspondance entre le trajet douloureux décrit par le patient et la racine nerveuse comprimée par la hernie discale.
· Critères d’exclusion :
Patients présentant un syndrome de queue de cheval ou un déficit du membre inférieur (parésie du releveur propre du premier orteil coté 4/5 tolérée) .
Patients dont l’imagerie et la symptomatologie laissaient croire à une autre étiologie qu’à une hernie discale lombaire.
Patients opérés antérieurement du rachis lombaire ou mis en invalidité pour une pathologie rachidienne.
Patients alcooliques ou porteurs d’une maladie endocrinienne ou métabolique avec polyneuropathie.
Traitement
Après information des patients sur le principe, le déroulement et les risques de l’intervention, il fut procédé à une évaluation initiale (tableau 1).
Tous les patients furent traités par le même opérateur selon la technique suivante :
patient positionné en décubitus latéral, couché sur le coté opposé à la douleur, anesthésie locale des plans cutanés , musculaires et articulaires postérieurs avec de la lidocaïne 1%, après abord du disque par voie postéro-latérale à l’aide d’une aiguille 16 G sous contrôle radioscopique, une discographie était réalisée (Iopamiron 300® : 2cc), une fibre laser (600 µm) était ensuite introduite dans le disque à travers la même aiguille, l’appareil (Laser Dornier-D diode 940nm de longueur d’onde) était mis en marche délivrant avec une puissance de 15 watts des tirs de 1 secondes toutes les 4 secondes pour une dose totale de 1600 joules dans le disque L4L5 et 1200 joules pour L5S1. La fibre était placée en position centrale puis postéro-latérale. Les patients restaient ensuite 2 heures en salle de réveil puis étaient levés et repartaient l’après-midi de l’intervention.
Evaluation et suivi :
Les malades furent évalués avant l’intervention puis à 1 mois, 3 mois et 6 mois. A chaque visite le malade était évalué par le même médecin qui était différent de l’opérateur ou des recruteurs. Les outils d’évaluations étaient :
· Une échelle visuelle analogique (EVA) de la douleur lombaire (graduée de 0 à 100 mm) et de la douleur radiculaire (graduée de 0 à 100 mm) (9).
· L’échelle fonctionnelle d’Oswestry pour la lombalgie (10).
· Le questionnaire de qualité de vie SF-36 (11).
Pour que le résultat de l’intervention soit jugé comme un succès, il fallait que le patient ne ressente plus de douleur radiculaire ou une douleur inférieure strictement à 20 mm sur l’EVA au 6ème mois.
Pour que le résultat de l’intervention soit jugé comme un échec, il fallait que le patient ressente la même douleur radiculaire, une augmentation ou une baisse de douleur mais moins de 20 mm par rapport à sa douleur de départ jugée par l’EVA et cela au 3ème mois post-opératoire.
Analyse statistique :
Le calcul des moyennes et des écart-types fut établi à l’aide de la fonction « moyenne » et « écart-type »du tableur Excel Microsoft®.
RESULTATS
Population étudiée et réponse au traitement :
Du mois de mai 1999 au mois d’avril 2000, 30 malades ont été admis dans l’étude. Tous satisfaisaient aux critères d’inclusion de l’étude. Nous avons suivi tous les patients durant 6 mois, nous continuons actuellement le suivi de ces patients de façon prospective sur une période de 12 mois.
Les caractéristiques de base de notre population sont présentées dans le tableau 1.Les mesures d’évaluation clinique et fonctionnelle avec les changements par rapport aux valeurs initiales sont rapportées à 6 mois dans le tableau 2.
23 patients (76%) sur 30 étaient soulagés de leur douleur radiculaire 6 mois après l’intervention (EVA= 4.6mm à 6 mois vs 61.8 mm avant l’intervention) (cf graphique) . La douleur lombaire était aussi diminuée à 6 mois chez ces patients (EVA =12.4 mm à 6 mois vs 41.5 mm avant l’intervention)
La capacité fonctionnelle augmente progressivement sur 6 mois (46 % d’incapacité avant l’intervention vs 14 % 6 mois après l’intervention).
La qualité de vie augmente (SF-36 global à 79 sur 150 avant l’intervention vs 113 sur 150, six mois après l’intervention).
Le signe de Lasègue se normalise (54° avant l’intervention vs 80° six mois après la nucléolyse laser).
Le rachis lombaire reste assez raide en flexion 6 mois après (DDS = 31cm avant vs 20 cm six mois après l’intervention).
La consommation médicamenteuse en rapport avec la souffrance lombo-radiculaire a été notée chez tous les patients avant l’intervention et 6 mois après.
Avant l’intervention :19 (53.3%) patients sur 30 prenaient en continu des AINS, 11(36.6%) des antalgiques de niveau II, 11 (36.6%) des antalgiques de niveau I, 8 (26.6%) ne prenaient aucun antalgique et 11(36.6%) aucun AINS.
6 mois après l’intervention : 1 (3.3%) patient prenait des AINS et 3 (10%) patients prenaient des antalgiques.
7 patients (23.3%) sur 30 n’ont pas été soulagés 3 mois après l’intervention (cf critères d’échec). Les caractéristiques de base de ces patients sont notées dans le tableau 3.
Tous ont été opérés et soulagés de la douleur radiculaire après l’intervention microchirurgicale (herniectomie plus discectomie). Pour 3 de ces patients la hernie discale était bien sous ligamentaire non migrée mais il existait une importante composante osseuse d’origine articulaire postérieure à la compression radiculaire. Dans 2 cas il a eu un problème technique puisque l’effet laser n’a pas eu lieu, le chirurgien a trouvé un disque macroscopiquement intact chez ces deux patients qui avaient été « nucléolysés » le même jour. Pour une patiente, il existait une double sténose à l’origine de la souffrance radiculaire : intracanalaire L4L5 et foraminale L5S1. Après échec de la nucléolyse laser L4L5, elle a été soulagée par une foraminotomie chirurgicale L5S1.
Complications :
Nous n’avons eu à déplorer aucun incident durant les 30 procédures de l’étude.
4 patients (13.3%) ont présenté dans la semaine suivant la procédure des douleurs lombaires associées à un blocage de type lumbago. Ils ont été traités par le port d’un corset en résine associé à la prise d’AINS et d’antalgiques. Les douleurs ont régressé en 3 à 4 semaines. 6 mois après l’intervention, 3 patients n’avaient plus de douleur radiculaire et la moyenne de la douleur lombaire, de l’incapacité fonctionnelle et la qualité de vie n’était pas différente des autres patients soulagés.
DISCUSSION
Bien que l’effectif de notre population de patients soit réduit, et le recul faible, nous montrons que 76.6% des 30 patients répondant à nos critères de sélection sont soulagés 6 mois après une intervention par nucléolyse laser percutanée.
CHOY et coll.(12), SIEBERT (6), LIEBLER (7), NERUBAY et coll. (13) rapportent des résultats semblables avec des critères de sélection identiques. Leurs résultats se maintiennent après un an (6, 7) et jusqu’à 5 ans de suivi post opératoire (11,12). Les critères d’évaluation étaient différents des nôtres (critères de MAC NAB (14) ). Nous avons utilisé l’échelle visuelle analogique de la douleur (9) couplée à des paramètres cliniques objectifs (distance doigts-sol, angle du signe de Lasègue), accompagnés d’un questionnaire d’incapacité fonctionnelle liée à la lombalgie (Oswestry (10)) et un questionnaire de qualité de vie (SF-36 (11)). Tous ces instruments se sont révélés fiables et sensibles dans l’évaluation des malades présentant une lombalgie et sont régulièrement utilisés dans l’évaluation des traitements des lomboradiculalgies.
Comparée aux autres techniques percutanées, l’utilisation du laser possède certains avantages : une voie d’abord minimale (aiguille 16 G) semblable à celle utilisée pour les nucléolyse chimique à la papaïne mais sans le risque allergique. La lésion discale crée par le laser est aussi probablement moins étendue que celle occasionnée par l’enzyme. La partie interne de l’annulus reste intacte : seul 0.7 à1 mm de matériel discal est vaporisé et c’est suffisant pour créer une décompresion discale réduisant la force avec laquelle la hernie appuie sur la racine nerveuse (15).
Certains inconvénients sont cependant à prendre en compte. CVITANIC et coll. (16) rapportent lors d’une étude IRM systématique post opératoire, des modifications du signal des plaques sous chondrales vertébrales chez 41 (37%) sur 109 patients opérés. La présence de ces anomalies visibles en IRM et classées par MODIC et coll. (17) n’était pas corrélée avec la présence de lombalgie résiduelle. 5 à 7 ans plus tard les IRM de contrôle réalisées chez 11 des 41 patients ne révélaient plus d’anomalie de signal des plateaux vertébraux. Ces lésions des plateaux sont favorisées par la direction de l’extrémité de la sonde laser (18, 19). Lors du positionnement de l’aiguille dans le disque, puis de la sonde il est très important de vérifier l’absence de contact de la fibre avec le plateau vertébral. Ceci est particulièrement vrai pour l’espace L5S1 au niveau duquel, la présence de la crête iliaque oblige à incliner l’aiguille de 20 à 45° vers le bas lors de sa pénétration dans le disque.
CONCLUSION
La nucléolyse laser dans le traitement de la lombosciatique par hernie discale est efficace et peu invasive. Une sélection rigoureuse des patients candidats à ce traitement permet d’obtenir un soulagement dans ¾ des cas.
TABLEAU 1 Description de la population de départ (voir la source)
TABLEAU 2 Caractéristiques cliniques des patients avant l’intervention et 6 mois après (voir la source)
TABLEAU 3 Caractéristiques des patients en échec au 3ième mois (voir la source)
source
http://www.gieda.net/annales/2000/16.htm
article 15/Indications d’une arthrodèse d’emblée

Formes particulières de hernie discale
Indications d’une arthrodèse d’emblée
Philippe Lapresle Clinique Arago, Paris.
Introduction
Les indications d’une arthrodèse d’emblée dans la hernie discale lombaire nous semblent de prime abord exceptionnelles, le curage discal simple paraissant suffisant pour l’écrasante majorité des situations pathologiques requérant une intervention.
Pourtant cette attitude souffre de multiples exceptions tenant aux variantes symptomatiques, anatomiques et évolutives des hernies discales.
En reprenant la littérature, les indications les plus divergentes se révèlent toutefois de nature culturelle et géographique. Nous les évoquerons d’abord.
Indications des arthrodèses d’ emblées
Alourdir le si simple curage discal lombaire dans la forme commune de hernie discale lombaire pour lui associer quasi systématiquement une arthrodèse nous heurte et cette attitude est certainement très minoritaire en France. Pourtant la même procédure est fort peu contestée à l’étage cervical…
Aux Etats-Unis et au Japon, il n’en va pas de même et ce, depuis longtemps. Lane et Moore (9) sur 36 patients en 1948, Suzuki (19) sur 30 en 1958, Harmon (4) en 1963 sur 244 cas, Sacks (17) en 1965 sur 150 opérés et plus récemment Inoué et coll. (6), (7) sur 350 cas ont défendu l’arthrodèse initiale pour traiter la pathologie herniaire discale lombaire. Ces auteurs sont tous restés fidèles à un abord antérieur trans-peritonéal avec greffe inter-somatique.
Leurs résultats cliniques proclament de 80% à 90% de patients asymptomatiques ou très améliorés. Ils attribuent généralement ces succès à la disparition régulière des lombalgies associées grâce à la restauration de la hauteur discale et à la restitution de la lordose lombaire physiologique.
Des comparaisons myélographiques pré et post opératoires montrent d’étonnantes disparitions des aspects de compressions radiculaires. Plusieurs observations doivent cependant faire adopter une certaine réserve. S’agit-il surtout des mêmes patients ? Dans la série d’Inoué, si 100% des patients étaient lombalgiques, seuls 85% étaient sciatalgiques et encore moins avaient un signe de Lasègue positif (66%. De même, si 308 patients sur 350 avaient subi une discographie, seuls 27 avaient été explorés par myélographie…Avec les mêmes indications, Stauffer et Coventry (18) en 1972 n’ont rapporté, sur 77 patients, que 36% de bons résultats cliniques et 44% de pseudarthroses. Les complications de cette chirurgie ne sont pas non plus négligeables même si elles diminuent avec l’expérience de l’opérateur : citons surtout l’éjaculation rétrograde (jusqu’à 6% des cas) et les phlébites et ileus (2 à 10 %. Peut-être est-il prudent de suivre Stauffer et Coventry qui proposent de restreindre les indications aux rares cas où la chirurgie postérieure serait contre-indiquée.
L’indication chirurgicale dans les hernies à formes lombalgiques n’a pas bonne réputation, qu’il s’agisse de simple curage ou de curage associé à une arthrodèse.
Comme MacNab (11), la plupart des auteurs, médecins ou chirurgiens, conseillent ici la poursuite du traitement médical, la guérison chirurgicale étant très aléatoire, voire source d’aggravation.
Les exceptions sont rares mais possibles : dans la revue personnelle de nos cas, à l’occasion de cette communication, sur les dix dernières années, nous n’avons retrouvé que 2 cas sur 260 hernies opérées d’arthrodèse immédiatement associée au curage. Il s’agissait de discopathies dégénératives isolées, monoétagées, en L4-L5, où une lombalgie invalidante coexistait avec une sciatalgie chronique. Deburge et Benoist (2) ont publié en 1984 la revue des échecs (21%), opérés (31 cas) de 235 nucleolyses. Seuls 4 patients, là encore souffrant de lombalgies importantes ont bénéficié d’une arthrodèse (postéro-latérale ) dans le même temps que l’excision discale.
La hernie discale, quand c’est nécessaire et selon les conférences de consensus, pose le plus souvent une indication opératoire d’exécution relativement rapide. L’arthrodèse pour lombalgie au contraire mérite une décision longuement mûrie. Il n’est donc pas étonnant que leur champ commun d’application soit très réduit.
Les indications d’arthrodèse d’emblée qui recueillent le moins de critiques correspondent plutôt à certaines formes anatomiques de hernie discale : hernies foraminales, hernies sur spondylisthesis, sur scolioses et sous arthrodèses anciennes.
Les hernies foraminales sont bien connues seulement depuis 25 ans (Patrick)(13), rares (4% selon Vital et Sénégas)(20) mais plus faciles qu’autrefois à diagnostiquer en raison des progrès de l’imagerie.
La technique d’éxérèse classique suppose le plus souvent l’arthrectomie qui, combinée au curage discal, fait craindre une déstabilisation secondaire. Néanmoins l’arthrodèse n’a été réalisée que 3 fois, toujours en L5-S1, dans la série de 40 hernies foraminales rapportée par les précédents auteurs. Beaucoup plus nombreuses ont été les arthrectomies totales sans arthrodèse (10), les voies externes para-spinales (5), les voies inter-lamaires (5) et les voies combinant les deux précédentes.
Dans leurs conclusions ces auteurs prônent une technique aussi conservatrice que possible : percutanée pour une hernie non exclue, voie externe para-spinale pour les hernies extra-foraminales et voie combinée lamaire et extra-spinale pour les hernies intra foraminales. Ils réservent les arthrodèses aux rares hernies foraminales L5-S1 où l’abord para-spinal est rendu difficile par la proximité des crêtes iliaques.
Ces indications sont largement partagées par Kunogi et coll.(8) qui, sur 8 hernies foraminales ou extra foraminales opérées n’ont eu besoin que de réaliser 2 arthrodèses mais qu’ils recommandent chaque fois qu’une arthrectomie totale s’avère nécessaire. 2 fois cependant a été réalisée une « hemi-laminectomie avec arthroplastie » dont on peut se demander si elle n’aboutira pas de facto à une arthrodèse suspendue…
Les hernies discales sur spondylolisthesis sont curieusement assez rares. Sous une vertèbre affectée par une lyse isthmique, elles sont même exceptionnelles ; sous un antelisthesis dégénératif, elles sont un peu plus fréquentes mais la hernie n’est alors souvent que l’élément décompensateur aigu d’une sténose chronique.
Poussa et Tallroth (16) ont présenté en 1993 3 cas de hernie discale sur SPL par lyse isthmique. Toutes concernaient L5-S1. Un seul patient subit une libération avec arthrodèse postéro-latérale mais fut soulagé de tout symptôme, radiculaire et lombaire. Un autre bénéficia d’une simple libération et resta lombalgique. Le dernier fut traité médicalement. Les auteurs insistent sur la difficulté d’interpréter l’imagerie, notamment le scanner, en raison de la glissade de la vertèbre supérieure tandis que le disque reste solidaire de la vertèbre inférieure. Le scanner est ainsi à l’origine de nombreux « faux positifs » de hernie.
De nombreux travaux ont été consacrés aux risques de déplacement secondaire, initié ou aggravé dans la chirurgie de la sténose lombaire. Il semble majeur quand existe déjà en pré-opératoire un spondylolisthesis dégératif à condition que le disque, siège du glissement, ait gardé une certaine épaisseur.
La survenue d’une hernie dans ce contexte est rare mais possible. Elle correspond alors à un tableau clinique bien particulier par le début brutal des symptômes et le caractère fortement latéralisé de la sciatique ou de la cruralgie d’eefort habituellement bilatérale. Peu courant dans la sténose, un signe de Lasègue positif en fin de course est possible. L’arthrodèse complétant la libération des canaux lombaires étroits avec SPL dégératif est généralement recommandée ( Herkowitz (5). L’association d’une hernie imposant un curage discal ne fait que rendre plus impérative cette recommandation.
Scoliose et hernie discale ont été peu étudiées conjointement.
La plupart des publications comme celles de Matsui et coll (12) et Lorio et coll. (10) ont porté sur les attitudes scoliotiques entraînées par différentes formes de hernies discales. Plusieurs hypothèses ont été formulées relativement à la situation de la hernie (convexité ou concavité ; localisation pré, latéro ou extra-radiculaire ) et la morphologie de la déformation.
La conclusion généralement admise est que cette dernière n’est aucunement un facteur prédictif fiable de la migration de la hernie. A notre connaissance aucun auteur n’a considéré une telle déviation scoliotique dans ce contexte comme une indication d’arthrodèse.
Il est difficile de savoir si les scolioses idiopathiques ou dégénératives exposent plus ou moins à la survenue d’une hernie discale.
Les grandes séries ( toutes assez récentes car la scoliose lombaire de l’adulte n’est véritablement étudiée que depuis 20 ans ) n’en font pas mention Ainsi celles de Guillaumat (3), Bradford (1) et Postachini (15). Théoriquement, 2 localisations semblent les plus exposées à la survenue d’une hernie : le niveau de la dislocation (souvent L3-L4) entre la courbure principale et la contre courbure sous jacente et la concavité de la contre courbure lombo-sacrée. Personnellement nous n’avons rencontré qu’une fois cette dernière situation et compte tenu de l’âge (79 ans) une décompression radiculaire simple a été préférée.
Dans quels cas de hernie sur scoliose faudrait-il donc arthrodéser? Il paraît bien difficile de le proposer en face d’une scoliose idiopathique stable ou peu évolutive de l’adulte pour plusieurs raisons : incertitudes quant à l’histoire naturelle d’un disque situé au pied d’une scoliose et cureté ; disproportion entre lourdeur du geste réclamant une grande arthrodèse et symptomatologie douloureuse exclusivement mono ou pauci-radiculaire.
Dans le cas d’une scoliose dégénérative lombaire du sujet âgé où une arthrodèse courte et suspendue peut être plus légitimement indiquée, sans objectif de réduction, cette indication peut se trouver justifiée notamment si l’instabilité locale pré ou post-décompression le suggère.
Sous les arthrodèses anciennes, réalisées par exemple pour scolioses ou fractures dorso-lombaires, les évolutions dégénératives se font plus volontiers vers la sténose que vers la hernie discale. Néanmoins nous avons rencontré un cas semblable à l’issue du curage duquel nous avons réalisé une prolongation d’arthrodèse.
Nous ne terminerons pas cette étude sans citer une forme rare de hernie discale dont 1 cas a été publié en 1996 par Perves et Morvan (14): il s’agissait d’une hernie L5-S1, migrée en avant de l’aile du sacrum et comprimant le tronc lombo-sacré droit. Elle fut réséquée par voie transpéritonéale après dissection des vaisseaux iliaques externes et internes et complétée par une arthrodèse inter-somatique.
Conclusion
L’arthrodèse d’emblée dans la pathologie herniaire lombaire relève de la rareté ou de « l’exception culturelle ».
L’indication la plus justifiée et fréquente nous paraît être la hernie foraminale quand elle impose pour son excision l’arthrectomie complète. Techniquement rapide et simple (montage asymétrique pédiculaire du côté décomprimé et vis trans-articulaire de l’autre selon Roy-Camille ) elle ne s’adresse toutefois qu’à une infime minorité de hernies.
Source de l'article
http://www.gieda.net/annales/2000/4.htm
Article 14/ Mal de dos, mal de l'âme ?

En 1862, l'égyptologue Edwin Smith achetait à Louxor, en Haute Égypte, un curieux papyrus remontant à 1 500 ans avant Jésus-Christ. On allait découvrir qu'il s'agissait en fait d'un traité de médecine, considéré encore aujourd'hui comme le plus ancien écrit chirurgical existant.
Le papyrus d'Edwin Smith décrit 48 histoires de cas en des termes très précis. La dernière a trait à un mal de dos aigu. C'est dire que ce problème de santé, qu'on associe de nos jours au travail, frappait déjà les Égyptiens il y a des millénaires. Sur le document, on peut lire ceci : « Traitement. Le sujet doit être couché sur le dos; il faut lui faire... » La suite demeurera à jamais inconnue, le texte s'arrêtant à ce point culminant. Le papyrus est resté enfoui dans la tombe de son auteur pendant près de 3 500 ans.
Les pharaons ont disparu, mais le mal de dos est resté. Il fait toujours partie de la condition humaine et n'épargne personne. Dans toutes les cultures et depuis longtemps, hommes, femmes et enfants ont été affectés par des douleurs à la colonne vertébrale.
Le mal irradie parfois jusqu'aux extrémités des membres, génère beaucoup de souffrance et limite considérablement les activités. Ce problème, qui affecte le plus souvent les régions les plus mobiles de la colonne vertébrale (cervicale et lombaire), afflige environ 85 p. 100 de tous les individus au cours de leur vie, le plus souvent entre 35 et 55 ans.
Il s'agit du deuxième plus fréquent motif de consultation médicale après les affections des voies respiratoires supérieures comme le rhume et la sinusite. C'est également la toute première cause de limitation d'activités chez les adultes de moins de 45 ans et la seconde, après l'arthrite, chez les 45 à 65 ans.
Aux États-Unis, on estime le coût annuel total du mal de dos à plus de 100 milliards de dollars américains, incluant les frais indirects comme la perte de productivité pour les entreprises.
Au Canada, toutes proportions gardées, les coûts associés sont aussi très élevés. La situation se répète un peu partout dans les pays industrialisés où les dépenses associées au mal de dos augmentent de façon vertigineuse depuis plusieurs années, plus rapidement que pour toute autre cause d'incapacité.
Chez les travailleurs, environ 80 p. 100 de ces dépenses sont imputables aux problèmes les plus sévères qui nécessitent une absence du travail pendant six mois et plus, c'est-à-dire environ 10 p. 100 de tous les cas.
S'agit-il là d'un héritage des temps modernes ? Non.
Rien n'indique que le mal de dos soit plus ou moins fréquent aujourd'hui qu'au siècle dernier. Les chercheurs qui en ont estimé l'incidence depuis plusieurs décennies ont observé des taux stables.
Mais quelque chose a changé : dans les pays développés, les incapacités et les demandes de compensation financière pour maux de dos ont connu une telle augmentation chez les travailleurs et travailleuses qu'il n'est pas du tout exagéré de parler d'une véritable épidémie. Cette situation fait l'objet de recherches de plus en plus nombreuses, qui, si elles n'ont pas encore révélé toutes les causes du mal et de ses conséquences, ont cependant permis de mieux comprendre le problème et d'en améliorer le traitement.
Voici ce que l'on sait aujourd'hui...........
Le mal de dos est parfois, mais très rarement (dans environ 1 p. 100 des cas) causé par une tumeur, une infection rachidienne ou une maladie arthritique inflammatoire.
Dans la très grande majorité des cas, cependant, il s'agit d'un problème non spécifique, c'est-à-dire d'une douleur dont l'origine exacte ne peut être déterminée. Pour les patients, comme pour tous les intervenants, cette incertitude est évidemment insécurisante, et elle a donné lieu à de nombreuses pratiques fondées sur toutes sortes d'hypothèses qui ne reposent souvent sur aucune base scientifique.
C'est ainsi qu'on croit régulièrement, à tort, que le mal de dos est principalement dû à une dégénérescence ou à une quelconque malformation osseuse, ou encore, au déplacement d'un disque intervertébral.
Des études récentes ont clairement démontré que, la plupart du temps, les examens radiologiques sont inutiles : alors qu'on trouve des anomalies radiologiques chez beaucoup de personnes qui n'ont pas mal au dos, ces signes sont souvent absents chez les personnes qui en souffrent.
Dans l'état des connaissances actuelles, il faut considérer le mal de dos plus comme un problème de douleur que comme un problème anatomique.
La douleur serait déclenchée par un traumatisme anatomique, comme une entorse. Le dos compte beaucoup de ligaments! Dans la très grande majorité des cas, il suffit de réduire temporairement ses activités habituelles (mais jamais plus de deux ou trois jours de repos au lit), d'utiliser des médicaments anti-inflammatoires et des analgésiques, et de faire preuve de beaucoup de patience pour venir à bout du problème en quelques semaines.
Pour 8 à 10 p. 100 des sujets, cependant, la douleur persiste et peut devenir chronique. Se développe alors un véritable syndrome douloureux qui n'a plus rien à voir avec la blessure.
Deux éminents chercheurs de l'Université McGill, Ronald Melzack et Patrick Wall, ont élaboré dans les années 1960, la théorie dite du « portillon ». En bref, cette théorie stipule que la perception de la douleur par le cerveau est modulée par des messages provenant autant de la périphérie que du système nerveux central. Le portillon se situerait au niveau de la corne dorsale de la moelle épinière, là où entrent les fibres nerveuses responsables de la transmission des messages de douleur au cerveau, qui les interprète.
Dans certaines circonstances, le portillon pourrait carrément se fermer pour bloquer le message douloureux (chez un athlète pendant une compétition, par exemple), alors que dans d'autres, il s'ouvrirait tout grand. Le sujet percevrait alors une douleur importante sans qu'il y ait de dommage anatomique proportionnel. C'est sur ce mécanisme que repose le principal modèle actuellement utilisé pour expliquer le mal de dos chronique.
De nombreuses études ont mis en lumière le rôle de facteurs physiques comme la manutention de charges lourdes et l'exposition à des vibrations du corps entier en relation avec le mal de dos. Ces facteurs n'expliquent qu'en partie, toutefois, l'apparition du problème et l'ampleur de ses conséquences.
L'environnement psychosocial de travail, les antécédents médicaux, le tabagisme, la sédentarité et le fait d'avoir de jeunes enfants pourraient aussi intervenir. Mais aucun de ces facteurs n'est déterminant lorsque considéré seul.
Le mal de dos est maintenant reconnu par la communauté scientifique comme un problème de santé lié à plusieurs facteurs autant physiques et biologiques que psychologiques et sociaux.
Comme environ 90 p. 100 des personnes récupèrent en quelques semaines et que les efforts pour prévenir le mal de dos à la source n'ont jusqu'ici pas porté fruit, c'est vers la prévention de la chronicité, le cœur du problème, que les efforts de recherche sont maintenant majoritairement dirigés.
On cherche ainsi des caractéristiques qui permettraient de repérer précocement les cas les plus susceptibles de devenir chroniques (comme la fièvre est un signe de la gravité d'une infection).
Cela permettrait d'intervenir rapidement et de façon plus spécifique, avant que le cercle vicieux de la douleur ne s'installe à demeure. Étant donné les coûts humains et sociaux associés au mal de dos chronique, cet objectif est devenu extrêmement important et constitue sans aucun doute une véritable quête du Saint-Graal pour les chevaliers de la recherche en ce domaine.
À ce jour, on sait que les caractéristiques les plus intéressantes sont de nature psychologique comme des symptômes de dépression, des signes de détresse possiblement des conséquences du mal de dos.
Clermont Dionne
source:
http://www.acfas.ca/concours/eureka01/dionne.html
13/ le musée virtuel du mal de dos

UN musée virtuel qu'il faut absolument visiter !!!!
Bienvenue au Musée Virtuel du Mal de Dos de la SOFMMOO (Société Française de Médecine Manuelle Orthopédique et Ostéopathique).
Ces pages n'ont d'autre but que de vous distraire en vous montrant quelle ingéniosité mettaient les médecins et inventeurs d'autrefois à imaginer des traitements du mal de dos et de la sciatique. Testés et évalués selon les habitudes de notre époque, ils montreraient sans doute une activité, minime pour certains, plus nette pour d'autres. D'autres appareils ou techniques appartiennent sans nul doute au charlatanisme.
Tractions vertébrales
Spinal tractions Le premier traitement décrit des déformations vertébrales et de certaines douleurs de dos.
Saignée
Voyez comment étaient traitées les sciatiques au Moyen-Age.
Mécanothérapie
En 1900, la musculation des muscles de la colonne était à l'ordre du jour. Il n'y a pas plus moderne.
Ventouses
Les ventouses : un traitement traditionnel.
Manipulations
Des rebouteux à l'oeuvre.
Pulsoconn
Le Pulsoconn du Dr Macaura : un appareil vibrant pour la sciatique, les rhumatismes, les lumbagos et beaucoup d'autres choses. Il traite tout, ou presque, et guérit tout... ou presque.
Dr Macaura's
Bains de lumière
Un effet souverain sur les douleurs de dos. Les bains de lumière furent utilisés jusqu'en 1996 dans un hôpital parisien...
Médicaments divers du mal de dos
Cataplasmes, sirops contre la douleur.
Tank Spirex Autre appareil de massage, le tank Spirex, ainsi nommé en raison de sa bande caoutchoutée. Conseillé pour les nerfs déplacés, les sciatiques ou les lumbagos, c'est, nous dit la réclame, "le seul utilisé par les Docteurs"...
Infiltrations
Les infiltrations ont été recommandées dès le début du XXème siècle comme traitement de la sciatique en particulier.
Plantes médicinales
Sans doute le plus vieux traitement du monde, encore utilisé de nos jours.
Pulvérisateur de Lucas-Championnière
Electrothérapie
Depuis plus de 2000 ans. Le plus vieux traitement du monde.
cliquez sur le lien ci-dessous =====>>>puis dans ESPACE GRAND PUBLIC sur musée du mal de dos
http://www.sofmmoo.com/
article 12/ résultats système YESS

Extrait du Congrès SOFCOT
Jeudi 10 novembre 2005
Décompression discale lombaire endoscopique avec le systéme YESS (Yeung Endoscopic Spinal System) par voie trans-foraminale.A propos d'une série de 100 cas..
Olivier Ricart, Jean-Marie Serwier(Thionville)
La technique d'endoscopie trans-foraminale pour aborder le disque lombaire est une technique déjà largement répandue dans le monde.
A.T. Yeung (Phoenix, Arizona) a mis au point un endoscope adapté (YESS:Yeung Endoscopic Spinal System) et une instrumentation spécifique qui permettent de réaliser des discectomies sous contrôle de la vue grâce à la magnification optique avec une anesthésie locale associée à une neuroleptanalgésie en hospitalisation ambulatoire .La technique est détaillée dans la communication.
Nous avons débuté notre expérience en 2003.Nous rapportons les résultats d’une série rétrospective continue de 100 patients ayant une lomboradiculalgie par hernie discale traités par cette méthode.
MATERIEL ET METHODES
Critères d’inclusion :
-Patients souffrant d’une lombosciatique ou cruralgie par hernie discale lombaire et résistant au traitement conservateur bien conduit (y compris infiltrations épidurales ou péri-radiculaires) d'au moins trois mois.
- Correspondance radio-clinique.
- Confirmation de l’étage symptomatique par test discographique.
Critères d’exclusion :
- Hernie exclue avec fragment intra-canalaire migré
- Syndrome de la queue de cheval.
- Paralysie du membre inférieur, cotée inférieure à 3.
- Sténose osseuse centrale dégénérative évoluée et participant à la symptomatologie.
- Grossesse.
Les niveaux en cause étaient répartis comme suit:6 cas en L3L4,72 cas en L4L5,22 cas en L5S1,
La localisation herniaire était 53 fois foraminale et extraforaminale,31 fois postéro-latérale,16 fois médiane. Dans 10 cas une sténose centrale constitutionnelle était associée, et 13 fois il s’agissait d’une récidive herniaire après un traitement chirurgical conventionnel.
RÉSULTATS:
Cent patients ont été revus avec en moyenne 18 mois (12-34 mois) de recul. Aucune complication neurologiquevasculaire ou infectieuse grave n'a été retrouvée dans la série. Les résultats ont été revus selon les critères de McNab.
Nous comptons 71 bons résultats,16 moyens et 13 mauvais ayant nécessité dans 11 cas une reprise chirurgicale conventionnelle.
Les patients présentant des hernies foraminales et extra-foraminales qui constituent un peu plus de la moitié de notre effectif répondent le mieux à ce traitement (84,9% de bons résultats) par rapport aux hernies postéro-latérales (48%) de manière statistiquement significative (p<0,05).les>
DISCUSSION:
Ces résultats sont inférieurs à ceux retrouvés dans les autres séries de la littérature.Il est possible que cela s'explique par les moins bons résultats obtenus pour notre effectif de hernies postéro-latérales probablement parce que plus de la moitié sont migrées le plus souvent en dessous du plan du disque et doncà notre avis, inaccessible par abord trans-foraminal.
Par ailleurs l' étude comparée de nos 50 premiers cas par rapport à nos 50 derniers montre une amélioration de nos résultats à 82%,expliquant le rôle de la courbe d'apprentissage dans ce type de technique. L'erreur la plus fréquente en début d'expérience étant de situer la canule de travail et l'endoscope trop en avant du disque.Il faut avoir un point d'entrée très latéral déterminé par la discographie de manière à se situer à moins de 30 degrés par rapport à la partie postérieure du disque.
La sélection progressive des patients participe également à l'amélioration des résultats. La foraminoscopie améliore le travail des instruments intra-discaux sous contrôle de la vue ce qui explique les meilleurs résultats obtenus par rapport aux anciennes discectomies percutanées mécaniques ou automatisées qui restent des techniques "aveugles". Cette technique est une alternative très efficace à la chimionucléolyse puisque la papaine n'est plus disponible actuellement.
L'intérêt de cette tecnique par rapport aux autres techniques endoscopiques de discectomie par voie inter-lamaire est la possibilité de traiter les patients sous anesthésie locale et neurosédation en ambulatoire,de plus la vision du foramen est de meilleure qualité. Cette méthode permet l'utilisation associée du laser Holmium-Yag en intra-discal mais aussi au niveau des parois osseuses du foramen dans le but de réaliser une foraminoplastie d'agrandissement.Enfincet accès transforminal endoscopique ouvre la voie aux spondylodèses sous foraminoscopie exclusive avec cages intersomatiques.
CONCLUSION:
Il s'agit d'une excellente technique pour le traitement des hernies sous ligamentaires postéro-latérales non migrées et la technique de choix dans les hernies foraminales et extra-foraminales quand on connaît la difficulté d'accès chirurgical conventionnel du foramen.
Source de l’article
http://www.sofcot.com.fr/www/Programme/2005/resumes%20jeudi1.htm
article 11/ Résultats "Dynesys"

Extrait du Congrès SOFCOT
Jeudi 10 novembre 2005
Décompression et stabilisation dynamique sans fusion avec le système Dynésys* dans le traitement des spondylolisthésis dégénératifs lombaires.
Olivier Ricart, Jean-Marie Serwier(Thionville)
Introduction:
Le traitement chirurgical de la sténose degénérative lombaire associée à un spondylolithésis dégénératif (SPLD) relève le plus souvent d'une décompression des structures neurologiques associée à une arthrodèse dont les résultats sont, dans la littérature,supérieurs aux décompressions isolées.
Nous avons opté pour une décompression associée à une stabilisation sans fusion avec le système Dynesys* dans le but de diminuer la morbidité des arthrodèses instrumentées chez ces patients âgés tout en évitant l'évolution vers une aggravation du glissement.
Matériel:
Il s'agit d'une série prospective de 25 patients présentant un SPLD symptomatique.Les critères d'inclusion étaient représentés par: une sténose canalaire dégénérative confirmée en saccoradiculographie associée à une translation intervertébrale antéro-postérieure statique d'au moins 3 mm mesurée en position debout,quelque soit l'importance du glissement sur les clichés dynamiques.
Une réduction incomplète de la translation antéro-postérieure en extension,une ostéoporose, une déformation dans le plan frontal associée, ne constituaient pas une contre-indication à l'instrumentation Dynesys.
Les critères d'exclusion étaient les suivants:une arthrectomie complète uni ou bilatéraleun antécédent chirurgical lombaire à l'étage olisthésique.
Il s'agit de 19 femmes et 6 hommes ayant un âge moyen de 71 ans (53-83 ans). Le niveau en cause était toujours L4 L5 (25 cas). Nous comptons 12 instrumentations monosegmentaires (L4-L5)13 bi-segmentaires (L3-L5).
Méthodes:
Tous les patients ont eu un scanner,une sacco-radiculographiel'étude IRM n'a été réalisée que dans 12 cas.Des clichés dynamiques pré et post-opératoires selon la méthode de Putto,ainsi que des grands clichés du rachis entier en charge pour l'étude des paramètres pelviens et sagittaux du rachis avant et après l'intervention ont également été réalisés chez tous les patients.
Les résultats ont été revus selon la classification de Beaujon avec un recul minimum de 12 mois et moyen de 22 mois (12 48 mois).
Résultats:
Nous obtenons 72% de très bons résultats (gain relatif>70%) et 28% de bons résultats (gain relatif entre 40 et 70%),nous n'avons pas de résultats moyens ou mauvais (100% de bons et très bons résultats). Nous n'avons à déplorer que deux complications:une aggravation d'une parésie crurale pré-opératoire qui a complètement récupéré et le changement d'une vis pédiculaire neuro-agressive sans conséquence ultérieure.
L'étude radiologique montre 4 cas une réduction de l'antélisthésis mais le plus souvent le glissement persiste et se maintient sans aggravation au plus long recul,les clichés dynamiques confirment l'existence d'une mobilité résiduelle à l'étage instrumenté quand le disque conserve une hauteur suffisante.Dans deux cas on peut noter un liseré autour d'une vis sans traduction clinique.
L'étude des paramètres pelviens post opératoires après instrumentation par Dynésys a montré une amélioration de la gîte sagittale en T9 par une accentuention de lordose sus jacente à l'instrumentation,même dans les cas de déséquilibre antérieur du rachis.
Discussion:
Cette étude prospective peut valablement être comparée à une autre étude prospective que nous avions réalisée en 1999 et que nous avions présenté à la SOFCOT qui comparait les résultats des décompressions canalaires isolées dans le SPLD aux décompressions associées à une arthrodèse.
Le résultat du groupe arthrodèse dans une population comparable (18 patients) à celle étudiée ici, selon les mêmes critères,retrouvait 88% de bons et très bons résultats.L'on peut donc confirmer que la stabilisation avec instrumentation Dynésys donne au moins d'aussi bons résultats que l'arthrodèse avec une morbidité peri-opératoire moindre.
Conclusion:
L'indication qui à notre avis,paraît la plus logique est le sujet de moins de 65 ans présentant un SPLD à déplacement angulaire prédominant auto-réductible avec un disque haut.Ce contexte (groupe 3) survient sur des bassins à pente sacrée et incidence faibles,avec une lordose faible mais adaptée aux paramètres pelviens .
Le Dynésys* peut rester une alternative palliative à l'arthrodèse sur des SPLD plus évolués survenant sur des déséquilibres antérieurs quand l'arthrodèse paraît techniquement difficile en terme de correction de cyphose ou risquée en fonction du terrain.
Des reculs plus importants seront nécessaires pour confirmer que ces bons résulats se maintiendront avec le temps et que le Dynésys "protègera" les étages adjacents contre la dégénérescence jonctionnelle à l'instrumentation (sténose,déstabilisation).
Source de l’article
http://www.sofcot.com.fr/www/Programme/2005/resumes%20jeudi1.htm
Article 10/ Résultats prothèse discale lombaire

Extrait du Congrès SOFCOT
Jeudi 10 novembre 2005
Analyse des résultats cliniques des prothèses discales en fonction du type de la discopathie dégénérative..
Thierry Marnay, Patrick Tropiano, Marie-Laure Louis (Marseille)
Introduction
L’arthroplastie discale se justifie dans le traitement de la discopathie par l’ablation du disque et le rétablissement de la mobilité.
Suivant le type de la discopathie, la maladie discale peut être classée en différentes situations : absence de hernie discale (H0), hernie discale (H1), hernie discale récidivante (H2), syndrome post discectomie (H3) et sténose uni segmentaire (incluant les spondylolisthésis dégénératifs de grade 1) (St, SPd). Ce travail repose l’étude des résultats cliniques de patients traités par des prothèses discales en fonction du type de la discopathie.
Le but de cette étude est de comparer les résultats entre les différentes situations pathologiques discales et un traitement par arthroplastie.
Matériels et méthodes
Une étude prospective sur 152 patients opérés d’une prothèse discale lombaire sur un étage a été réalisée. Les patients ont été revus à 3, 6, 12, 18 et 24 mois. Les douleurs ont été mesurées par l’Echelle Visuelle Analogique Lombaire (EVA-L), Radiculaire (EVA-R) et le score d’Oswestry (ODI). Les patients étaient répartis en : 39 H0, 52 H1, 22 H2, 29 H3, 10 St-Spd.
Résultats
Les groupes H0, H1, St-Spd qui correspondent aux patients jamais opérés, ont des résultats équivalents pour les lombalgies, les radiculalgies et le score fonctionnel :l’EVA-L et l’EVA-R diminuent immédiatement et parallèlement.
Les résultats au 3e mois post opératoire sont équivalents à ceux du 24e mois. Les patients du groupe H2 et H3 (déjà opérés d’une ou plusieurs discectomies postérieures) ont rapidement de bons résultats sur les lombalgies mais les radiculalgies persistent plusieurs mois en post opératoire (6 à 12).
Discussion
Ces données confirment les excellents résultats des prothèses discales sur un étage, avec l’analyse de l’EVA et de l’ODI. La persistance des radiculalgies qui disparaissent après quelques mois dans les groupes des patients antérieurement opérés peuvent s’expliquer par l’association d’une compression chronique, d’adhérences post opératoires et par la restauration de la hauteur discale. Dans cette série, aucun patient n’a nécessité de libération radiculaire postérieure complémentaire.
Conclusion
L’arthroplastie discale permet de traiter avec des résultats satisfaisants les différents stades de la maladie discale.
Toutefois, dans le cadre de patient antérieurement opéré la prudence s’impose. Une parfaite analyse des éléments paracliniques doit permettre de choisir la technique appropriée afin de réduire l’incidence des radiculalgies postopératoires. Ces résultats doivent être confirmés par des études prospectives randomisés à long terme comparant les prothèses discales aux fusions dans le cadre de la maladie discale.
Source de l’article
http://www.sofcot.com.fr/www/Programme/2005/resumes%20jeudi1.htm
Article 9/ Résultat Etude prothèses discales lombaires
Jeudi 10 novembre 2005
Relation entre l’amplitude de mobilité et les résultats cliniques des prothèses discales lombaires à 9 Ans de Recul.
Patrick Tropiano, Marie-Laure Louis, Thierry Marnay, Dominique Poitout (Marseille)
INTRODUCTION
L’avantage théorique d’une prothèse discale par rapport à la fusion est la conservation de la mobilité. Le but de notre étude est d’établir une relation, après 9 ans de recul, entre l’amplitude de mobilité et les résultats cliniques des prothèses discales lombaires.
METHODES
Etude rétrospective de dossiers cliniques et radiographies dynamiques de 38 patients, opérés à un ou deux étages (51 prothèses implantées). Le recul moyen est de 8,6 ans (6,9-10,7). Les résultats cliniques ont été mesurés par le score modifié de Stauffer-Coventry (SCM), le score d’Oswestry (ODQ), et sur la douleur subjective (échelle visuelle analogique :EVA) lombaire et radiculaire. L’amplitude de flexion-extension (AFE) a été mesurée sur des radiographies debout au recul maximum (Méthode de COBB). Chaque élément clinique a été comparé à l’AFE (Corrélation de Spearman). Deux groupes de patients ont été isolés: ceux à forte (>5 ) et à faible (5 ou moins) mobilité et les résultats comparés avec le test de Mann-Whitney.
RESULTATS
La corrélation de Spearman a révélé une association faible à modérée mais statistiquement significative entre l’AFE, l’EVA lombaire (r=-0.35, p=0.034), l’ODQ (r=-0.33, p=0.046), et le SCM (r=0.42, p=0.0095). Pas de corrélation significative entre l’AFE et l’EVA radiculaire (r=-0.12, p=0.48).
Les patients à forte mobilité ont de meilleurs résultats cliniques à l’ODQ (différence moyenne de 6.3 points, p=0.031) et au SCM (différence moyenne de 2.2 points, p=0.017). Pas de différence significative entre les caractéristiques pré opératoires de chaque groupe (âge, sexe, poids, antécédents chirurgicaux, douleurs lombaires et radiculaires, ODQ et SCM).
DISCUSSION
Il n’existe pas de publications corrélant l’amplitude de mobilité et les résultats cliniques après prothèse discale lombaire. Cette étude met en évidence une relation faible à modérée (Spearman r=±0.35) mais statistiquement significative entre l’amplitude de mobilité en flexion-extension et les résultats cliniques à 9 ans de recul. De plus les patients avec une faible amplitude de mobilité (<5>5 ). Cette étude permet de suspecter l’intérêt de la conservation de la mobilité sur le résultat clinique à moyen terme.
CONCLUSION
Ces résultats doivent être confirmés par des études prospectives randomisés à long terme comparant les prothèses discales aux fusions et aux traitements non chirurgicaux dans le but de mettre en évidence l’intérêt de la conservation de la mobilité sur la qualité du résultat clinique.
Source de l’article
http://www.sofcot.com.fr/www/Programme/2005/resumes%20jeudi1.htm
Article 8/ RESULTATS PROTHESE DISCALE

Extrait du Congrès SOFCOT
Jeudi 10 novembre 2005
Les centres de rotation intervertébraux avant et après implantation d'une prothèse discale lombaire.
Joël Delécrin, Hervé Chataignier, Jérôme Allain, Jean Paul Steib, Jacques Beaurin(Nantes)
Introduction :
L’intérêt théorique de la prothèse discale par rapport à l’arthrodèse serait de pouvoir restaurer une mobilité segmentaire vertébrale physiologique et de ne pas perturber ainsi la cinématique des étages adjacents. Le but de cette étude était d’étayer ce concept en déterminant les centres de rotation des segments intervertébraux lombaires avant et après implantation d’une prothèse discale à plateau mobile (MobidiscÒ).
Matériels et méthodes :
Il a été réalisé avant et après implantation d’une prothèse discale lombaire sur 32 patients des clichés dynamiques de profil en flexion-extension en position assise le bassin stabilisé. Un progiciel spécifique (SpineviewÒ) a permis à partir des radiographies numérisées et une reconnaissance semi-automatisée des contours des corps vertébraux le calcul des centres moyens de rotation. Le seuil minimal pour ce calcul automatique était de 5 de mobilité.
Résultats :
En préopératoire peu de centres de rotation purent être déterminés du fait de l’absence de mobilité.
=>Dans 3 cas ils sont apparus pathologiques. En postopératoire avec un recul de 3 à 12 mois, dans 13 cas ils se localisaient « physiologiquement » dans les moitiés postérieures ou du disque ou du corps vertébral inférieur prés du plateau vertébral.
=>Dans 14 cas, le centre moyen de rotation n’a pu être déterminé en raison de mobilités inférieures ou égales à 5 .
=>Dans 3 cas, pour des implants qualifiés de surdimensionnés le centre de rotation est apparu plus « céphaliquement » situé.
=>Dans 2 cas le centre de rotation est apparu trop antérieur sur des prothèses implantées trop antérieures. Aucune perturbation des centres de rotations des segments adjacents n’a été observée.
Discussion :
La mise en évidence d’un centre de rotation anormal en préopératoire pourrait être un indicateur supplémentaire d’une instabilité présumée. La prothèse discale semble dans certains cas pouvoir restaurer un centre physiologique de rotation. Mais la position et l’épaisseur de l’implant peuvent influencer leurs localisations.
Conclusion :
La restauration d’un centre physiologique de rotation du segment intervertébral prothèsé et l’absence de perturbation des centres des segments adjacents plaident en faveur que la prothèse pourrait réduire l’incidence de la dégradation arthrosique des segments adjacents en comparaison à une arthrodèse sous réserve d’une implantation et d’une taille correctes.
Source de l’article
http://www.sofcot.com.fr/www/Programme/2005/resumes%20jeudi1.htm
article 7 : Anatomie du mouvement "On the Move"

Dr. med. Bruno Baviera, médecin-chef rheumatologue et directeur de l'Ecole de physiothérapie, Schinznach-Bad/Suisse
INTRODUCTION
La position assise qu'implique de plus en plus notre manière de vivre et de travailler nuit toujours davantage à nos systèmes postural et locomoteur. Les douleurs dorsales engendrées par cette situation sont effrayantes. Aux souffrances que doit endurer l'individu s'ajoutent, pour la société, des conséquences financières se chiffrant en milliards chaque année.
Notre corps est conçu pour le mouvement. Beaucoup de gens sont malades aujourd'hui par suite d'une sollicitation insuffisante ou excessive de leur corps. Il en résulte une manque généralisé d'entraînement qui provoque des douleurs et favorise l'absentéisme.
De nos jours, 80 % des êtres humains connaissent des problèmes de dos. Parmi les personnes de moins de 45 ans, un cas d'invalidité sur trois est dû à des douleurs dorsales. Des études scientifiques ont démontré qu'un changement de comportement pourrait épargner jusqu'à 70 % des coûts engendrés par les problèmes de dos. Ceux qui sont les mieux informés de la structure et de la fonction de leur système postural sollicitent leur dos avec davantage de ménagement
Le corps humain est conçu pour marcher et courir.
Le petit enfant accomplit de sa propre volonté une multitude de mouvements, libre qu'il est de toute entrave. Il entraîne son corps au gré de jeux continuels. Le jeune homme, en revanche, est freiné dans son besoin naturel de mouvement par ses parents stressés et un logement trop exigu. Au jardin d'enfants déjà, nous sommes assis pendant des heures et nous le sommes encore davantage plus tard à l'école.
Les méthodes modernes de production, surtout dans les nations industrialisées, ne laissent plus guère d'activités physiques à l'homme d'aujourd'hui. La majorité des personnes actives passent de longues heures de leurs journées de travail en position assise. Elles sont assises pour le repas de midi, assises au volant de leur voiture, encore assises, le soir, devant la télévision.
Comme beaucoup de ces activités en position assise ne peuvent être menées en marchant ou en restant debout, il vaut la peine de se pencher sur cet instrument dont on a si souvent besoin : la chaise. Une collaboration entre le médecin et le fabricant de meubles peut aboutir à la création d'un meilleur équipement, qu'il soit scolaire, de bureau ou pour l'habitat. Un siège ou un meuble judicieusement conçu donne au mouvement la liberté qui lui est nécessaire.
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QU’EST-CE QUE L’ON ENTEND PAR POSTURE ?
Pourquoi devons-nous nous supporter nous-mêmes ?
Notre corps est soumis à la force d'attraction terrestre. Nous avons un poids. La posture est donc une question d'endurance.
De plus, notre système postural n'est pas sollicité seulement par le poids de notre corps. Nous portons encore d'autres poids: caisses, classeurs, sacs de ciment, etc. Les forces de notre musculature sollicitent aussi notre système locomoteur. De toutes ces forces résulte une charge que nous devons supporter, dans toute l'acception du terme. D'ailleurs, dans l'eau, la force d'attraction terrestre est compensée par la force ascensionnelle du liquide. Le bain, d'eau chaude surtout, est donc un allégement pour le système postural. La manière dont nous supportons le poids de notre corps détermine la charge imposée à nos tissus.
L'homme se tient debout. Il balance le poids de son corps sur une surface limitée.
Cette surface de soutien est restreinte en station debout sur un pied, un peu plus grande sur les deux pieds, plus grande encore en position assise. Plus nous agrandissons cette surface, plus notre posture est stable et moins la musculature est sollicitée.
En position idéale, toutes les parties du corps s'alignent dans l'axe vertical. Passant par le milieu de la tête, du cou, du thorax et de l'abdomen, cet axe constitue la ligne de charge. Lorsque toutes les parties du corps se trouvent sur cette ligne, la posture est équilibrée. Elle est économique, c'est-à-dire qu'elle requiert une moindre force musculaire et sollicite moins les tissus.
Mais comment en est-on arrivé là ?
L'enfant apprend à se mettre debout. Il obéit à des réactions qui le poussent à se tenir sur ses deux jambes et à marcher. Il imite ses parents. Notre posture n'est pas innée: Notre maintien résulte d'un apprentissage. Dès lors, nous pouvons le modifier et l'améliorer au cours de notre vie. Vue sous cet angle, le maintien commence dans la tête.
LA COLONNE : CONSTRUCTION ET FONCTION ?
Sur le plan physique, la colonne vertébrale occupe une position centrale. Elle est l'axe porteur de notre corps et commence en bas avec le sacrum. Voilà un os étrange ! Il est orienté de biais. Sa surface supérieure forme un angle d'environ 45° par rapport à l'horizontale. Notre posture prend donc appui sur une surface inclinée !
Cette base inclinée de la colonne vertébrale se justifie pour les quadrupèdes. Le sacrum, avec sa position de biais, constitue une butée idéale pour une construction en arc. Mais il n'en va pas de même chez l'homme ! La position des disques intervertébraux et vertèbres suivants interrompt abruptement cette harmonieuse disposition.
Le premier disque intervertébral placé au-dessus du sacrum est plus étroit vers l'arrière et a une forme de cale. La première vertèbre et le disque intervertébral suivants sont également plus étroits à l'arrière. Les trois seuls éléments suffisent à aplanir l'angle initial de 45° pour amener notre colonne dans sa position verticale. A cette surface horizontale du deuxième disque, fait suite une cambrure vers l'arrière, la lordose lombaire.
Dans la région du thorax, la colonne vertébrale s'incurve dans la direction opposée, soit vers l'avant : il s'agit de la cyphose de la colonne dorsale. Cette courbure favorise l'agrandissement de la cage thoracique. Les poumons qui y sont logés ont ainsi suffisamment d'espace pour assurer la fonction respiratoire
lordose cervicale, cyphose dorsale, lordose lombaire
Etant donné qu'en position idéale la tête doit se retrouver sur la ligne de charge, il importe, afin de compenser la cyphose de la colonne dorsale, qu'il y ait un balancement vers l'arrière dans la région de la nuque. C'est la lordose de la colonne cervicale. La somme de ces trois courbures donne à la colonne vertébrale l'apparence d'un double S.
Porter le poids de notre corps fait partie des tâches que nous devons accomplir dans notre vie, c'est même la 1ère. Mais tout arbre, tout poteau téléphonique fournit aussi cet effort ! Pour nous, la question ne s'arrête pas là, car en plus de servir à porter, notre colonne vertébrale doit être mobile. Porter et assurer la mobilité : voilà qui tient de la gageure ! Et effectivement, la nature - ou qui que ce soit - a opté pour le compromis.
Les vertèbres, éléments osseux, alternent avec les disques intervertébraux, fibrocartilages fermes et élastiques de nature gélatineuse.
Les disques assument la fonction porteuse et permettent des mouvements des corps vertébraux dans tous les plans. Cette astuce de la nature renvoie donc le problème aux disques intervertébraux. En somme, le rôle des vertèbres se limiterait surtout à nous faire gagner de la hauteur. Pourtant, de par leur structure, elles résolvent d'autres problèmes. Leur noyau, en forme de tonneau, a également une fonction porteuse. A l'arrière, rattaché à ce noyau, se trouve un anneau osseux qui abrite la moelle épinière, partie du système nerveux central qui sert aux divers processus de régulation.
Trois appendices osseux viennent s'appuyer sur l'anneau précité : les deux apophyses transverses sur les côtés et l'apophyse épineuse vers l'arrière. Elles servent de points de départ aux ligaments et à la musculature. Chacune des vertèbres est reliée aux autres par les disques intervertébraux et par les articulations intervertébrales. Celles-ci assurent à la colonne vertébrale une protection contre les frottements. Elles préviennent tout glissement malheureux de la vertèbre vers l'avant, surtout dans la région de la colonne vertébrale lombaire.
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POURQUOI LES DISQUES INTERVERTEBRAUX SONT-ILS EN DANGER ?
La structure des disques intervertébraux n'est pas simple non plus. Bien qu'ils représentent seulement quelque 25 % de la hauteur totale de la colonne vertébrale, ils ne sont pas de moindre importance et se trouvent à l'origine de nombreuses douleurs.
Ils doivent leur capacité de résistance à un anneau fibreux dont la structure suggère les diverses couches de l'oignon.
Cet anneau est formé de fibres de tissu conjonctif épaisses et résistantes. A l'intérieur de cette gaine fibreuse se trouve un noyau gélatineux à forte teneur en eau. En cas de sollicitation, ce noyau est comprimé et l'anneau fibreux dilaté.
Lorsque le disque intervertébral se retrouve déchargé, l'anneau fibreux élastique repousse le noyau dans sa position initiale. Toutefois, ce mécanisme demande du temps. Les différentes parties des disques intervertébraux doivent garder leur mobilité. Surviennent des chocs soudains sur les disques, les éléments concernés ne peuvent pas les éviter et les forces sont retransmises sur les structures environnantes. C'est ainsi que peuvent apparaître des fissures sur l'anneau fibreux. Quand les parties du corps se trouvent disposées les unes sur les autres en position verticale, les forces sont reportées uniformément des vertèbres aux disques intervertébraux.
Chaque changement de posture implique un transfert de forces asymétrique et inégal sur les disques. Le noyau gélatineux réagit en se déplaçant du côté de la moindre sollicitation. Ces dé- placements du noyau peuvent également entraîner des douleurs, par exemple en distendant les ligaments. Une charge soudaine peut provoquer la rupture d'un anneau fibreux, avec hernie discale à la clé, si la masse gélatineuse qu'il contient s'échappe et glisse vers l'arrière dans l'espace occupé par la moelle épinière.
A QUOI SERVENT LES AUTRES STRUCTURES ?
La colonne vertébrale est principalement formée des vertèbres et des disques intervertébraux. Un canal, le canal rachidien, parcourt toute sa longueur à travers les anneaux osseux. Dans ce canal circule la moelle épinière avec ses terminaisons nerveuses, les racines nerveuses. Radix est le terme latin pour racine. Lorsque les racines nerveuses sont irritées par un processus quelconque, le médecin parle de syndromes radiculaires.
La moelle épinière est protégée par différentes couches de tissus, les téguments de la moelle épinière. Ceux-ci comportent eux-mêmes de nombreuses fibres nerveuses sensibles et peuvent être à l'origine de douleurs dorsales. Outre les disques intervertébraux, les articulations intervertébrales retiennent également les vertèbres et les incorporent dans leur mouvement. C'est pour cette raison que la colonne vertébrale n'est pas d'une mobilité égale dans tous les plans. D'épais ligaments enveloppent l'ensemble de la colonne vertébrale à la manière d'une gaine. Par ailleurs, des ligaments fortement tendus sont logés entre les apophyses. Ils confèrent une stabilité passive à la colonne vertébrale - sauf dans le cas des contorsionnistes et autres acrobates.
Entre les apophyses et au-dessus d'elles passent les différentes fibres musculaires longues. Elles servent au soutien actif, mais aussi au mouvement de la colonne vertébrale. Une vue latérale montre des ouvertures entre les anneaux osseux et les articulations intervertébrales. Ces canaux logent les nerfs qui relient la moelle épinière aux autres tissus. Ces nerfs sont parcourus de fibres qui activent la musculature et transmettent au cerveau les informations données par le corps.
L’ABDOMEN
Allons un peu plus au fond des choses, cela sera encore plus intéressant.
En effet, que soutient vraiment notre colonne vertébrale ?
Sans aucun doute la tête, les bras, la ceinture scapulaire et le thorax. Mais nous ne sommes pas constitués que de ces seuls éléments. La question qui se pose, c'est de savoir comment sont soutenus nos organes, internes en particulier. Notre cœur et nos poumons se meuvent presque librement dans notre thorax et il en va de même pour notre tube digestif, avec tous les organes qui y sont rattachés, dans l'abdomen.
Tous ces organes - les poumons exceptés - ont une forte teneur en eau. Pour notre sujet, nous pouvons les considérer comme des corps liquides - nous ne parlons pas des os, bien sûr. Une force ne peut pas comprimer des corps liquides, mais les déformer ou les déplacer. Il en va également ainsi de nos organes internes. Ils sont tous attirés vers le bas par la pesanteur. C'est le bassin, semblable à une large assiette, qui les retient. Le plancher pelvien est constitué de ligaments et de muscles fortement tendus. Comme il doit s'ouvrir lors de l'accouchement, il est menacé chez les femmes.
Si, après l'accouchement, une re-constitution correcte de la musculature du plancher pelvien n'est pas garantie, celui-ci peut ne plus être en mesure, par la suite, de porter suffisamment les organes. Conséquence possible d'une telle situation : des incontinences urinaires.
Puisque la pesanteur attire les organes de l'abdomen vers le bas et que le plancher pelvien les repousse vers le haut, ils se rabattent, s'agissant de corps liquides, sur tous les côtés. La pression qui en résulte est supportée à l'arrière par la colonne vertébrale, élément fort. A l'avant et de côté, les organes sont activement soutenus par la musculature abdominale située au-dessus du plancher pelvien. Une musculature abdominale atone ne peut pas assumer cette fonction. Les organes poussent la paroi abdominale vers l'avant. Le déplacement de poids qui se produit dans l'abdomen conduit à la formation d'une hyper lordose dans la région lombaire. Ainsi, la qualité de la musculature abdominale influence la forme et par conséquence, le degré de charge la colonne vertébrale.
SUPPORTER LES SOLLICITATIONS, UN NUMERO D’EQUILIBRE ?
Notre posture est un numéro d'équilibre.
Un système ne peut être sollicité sans dommage que dans la mesure du supportable. En effet, plus notre système postural est entraîné, plus nous pouvons le solliciter. Sollicitation et résistance à la sollicitation doivent s'équilibrer.
Quand nos tissus sont surchargés, ils s'abîment, ce qui provoque des douleurs. Les douleurs dorsales sont l'indice d'un éventuel épuisement. Pourtant, nous trouvons une autre interprétation : il est possible - et c'est souvent le cas des patients qui souffrent du dos - que la sollicitation elle-même ne soit pas trop grande, mais que la résistance à cette sollicitation soit trop faible. Une sollicitation adaptée à un système entraîné est trop forte pour un système inexercé.
Des douleurs peuvent apparaître à la suite d'efforts soudains durant nos loisirs par exemple., et auxquels nous ne sommes pas habitués. Nos tissus ne sont pas préparés à ce que nous restions assis toute la semaine et que nous nous adonnions à une activité physique effrénée le dimanche. Lorsque surviennent des problèmes de dos, la question suivante se pose : comment réduire les effets d'une trop grande sollicitation ou comment entraîner le système pour l'adapter à cette sollicitation.
LA POSTURE : UNE QUESTION D’ENDURANCE ?
Nous devons supporter notre poids des heures durant. A l'arrière, la musculature du dos nous stabilise et nous dirige. Nos organes sont soutenus vers le bas par la musculature du plancher pelvien et à l'avant par la musculature abdominale.
Nous devons supporter notre poids des heures durant et cela d'une manière active par l'implication permanente des muscles précités. Le développement de la force musculaire sur une longue période s'appelle endurance de la musculature.
Un problème apparaît ici. Chaque muscle se fatigue quand il est longtemps sollicité. Lorsqu'il s'agit de la musculature du maintien, les conséquences sont fatales. Quand nous ne pouvons plus supporter activement notre poids et que nous ne voulons pas défaillir, quelque chose d'autre doit nous soutenir. Les ligaments prennent le relais. Toutefois, ceux-ci ne supportent pas les sollicitations prolongées. S'ils doivent fournir un effort mécanique important, ils peuvent être à l'origine de processus douloureux.
Une posture qui n'est pas active est dite atone. Une telle posture est mauvaise et entraîne une sollicitation inadéquate des éléments de la colonne vertébrale. Vous souvenez-vous ? Les disques intervertébraux, par exemple, sont sollicités inégalement.
Mais quelle sera l'efficacité de la musculature à long terme ? De même que sa force ou son ampleur, son endurance dépend de l'entraînement. Une posture active et correcte est donc le résultat d'un entraînement de longue durée.
Cet entraînement ne peut malheureusement pas se faire sur une chaise longue. Nous entraînons notre posture seulement en nous confrontant à l'influence de la pesanteur
POURQUOI S’ENTRAINER ?
Si nous nous penchons sur les éléments qui influencent la qualité et la quantité des structures de notre corps, nous découvrons des choses étonnantes.
Ce que nous sommes, comment nous sommes, ne relève pas seulement de l'héritage parental.
Si nombre de nos caractéristiques (le sexe par exemple) sont conditionnées génétiquement, notre existence dépend dans une large mesure de l'apport de substances. Une alimentation variée et une bonne respiration permettent la constitution des tissus. S'alimenter ne signifie pas seulement absorber des substances nutritives, mais également des fournisseurs d'énergie. Sur le plan énergétique, l'effort postural n'est donc pas un acte gratuit. La génétique et l'alimentation à elles seules ne suffisent toutefois pas à assurer la qualité de nos tissus. Leur capacité d'adaptation confine au miracle. La teneur en calcium des os dé-pend de la mesure dans laquelle ils sont sollicités. La capacité des cartilages à amortir les chocs dépend des pressions qu'ils ont à supporter. La force d'un muscle dépend de son implication énergétique.
En plus des programmes qui nous ont appris à nous tenir correctement, notre maintien dépend aussi de l'entraînement de nos tissus. Cela n'est pas seulement valable pour la musculature, mais aussi pour les disques intervertébraux, les ligaments, les articulations de la colonne vertébrale entre autres.
POURQUOI LES MUSCLES SE CRISPENT-ILS ?
Un muscle déploie de la force. Celle-ci sert à la posture et au mouvement. Des milliers de fibres musculaires y contribuent. Le système nerveux active, chaque fois selon les besoins, un certain nombre de fibres. Un effort important en nécessite beaucoup, alors qu'une légère sollicitation en demande moins. Les fibres musculaires se fatiguent rapidement. Plus la sollicitation est durable, plus les fibres se trans-forment en cours d'implication. Les premières fatiguées sont relayées par d'autres. Cet échange permet le travail d'endurance. Si l'effort exigé est trop grand ou trop durable, le système nerveux cherche à intensifier l'activité des fibres musculaires, qui alors se crispent.
Le muscle émet également de la chaleur. Si le milieu est trop froid, la musculature s'active et produit de la chaleur. Si elle n'a pas de travail mécanique à fournir, la musculature se crispe. Lorsqu'une surcharge des ligaments due à une mauvaise posture provoque des douleurs, la musculature du dos s'active pour calmer l'endroit douloureux. Conséquence : une crampe musculaire apparaît.
Si la musculature doit accomplir un travail de longue durée sans possibilité de mouvement, son alimentation est interrompue. Il en résulte de la fatigue et, plus tard, de la crispation. Stress, anxiété et bruit, par l'activation de certaines zones cérébrales, sont également vecteurs de crampes musculaires.
POURQUOI LE MOUVEMENT EST-IL SI IMPORTANT ?
"On the move" - Il nous faut du mouvement ! Pourquoi ? Nos tissus vivent d'un approvisionnement constant en oxygène et en substances nutritives. De même, les métabolites sont constamment produits et évacués. Pour produire et éliminer toutes ces substances, il faut de l'énergie et des voies de circulation.
Les axes principaux de notre système d'approvisionnement sont les vaisseaux sanguins, le moteur de ce système est le cœur. Cependant, notre corps n'est pas constitué à 100 % de sang. Un homme de 60 kg a, au plus, 6 litres de sang, soit au maximum 10 % du poids de son corps.
90 % de notre masse corporelle se situent en dehors ou entre les vaisseaux sanguins. C'est là que sont les cellules et les tissus à approvisionner.
Mais quelles sont les forces qui déplacent les substances nutritives dans ces zones ?
Représentons-nous notre corps comme une éponge imbibée d'eau. Si nous pres-sons un côté de l'éponge, l'eau se déplace du côté qui n'a pas été pressé. Si nous appuyons maintenant sur l'autre côté, l'eau revient où elle était. De la même manière, chaque mouvement du corps, chaque changement de posture entraîne des variations de rapport dans les tissus. Ceux-ci sont traversés par des flux.
C'est par nos mouvements que nous alimentons nos tissus. En outre, les vaisseaux sanguins sont comprimés à l'intérieur des muscles cons-tamment tendus qu'ils parcourent. la circulation sanguine n'est possible qu'à par-tir du moment où il existe une action musculaire déployée en alternance. Les mouvements complètent la fonction de transport assumée par le cœur. nous vi-vons grâce au mouvement !
QUEL RAPPORT EXISTE-T-IL ENTRE LE MAINTIEN ET LE PSYCHISME ?
Des recherches effectuées auprès de nombreuses personnes actives ont démontré qu'il existait un lien évident entre la satisfaction ressentie au lieu de travail et les douleurs dorsales. On a constaté que les problèmes de dos évoluaient plus favorablement chez ceux qui étaient contents de leur travail.
Nous savons aussi, sans avoir besoin de nous référer à des recherches, mais simplement sur la base de notre expérience tirée de la vie quotidienne, que notre humeur peut laisser sa trace sur notre maintien. Bien disposées, nous marchons droit (au propre comme au figuré !) vers notre but.
La morosité ou l'anxiété nous envahissent : la tête est basse. Le maintien perd tout ressort. La fatigue, l'absence d'initiative ou de but le rendent atone. Notre posture et nos mouvements ont valeur de langage. La plupart du temps, l'être humain réagit inconsciemment à ces signaux provenant de notre maintien. Stress, angoisse et nervosité provoquent un accroissement involontaire de la tension musculaire. L'angoisse donne lieu à une augmentation mécanique de pression et par conséquent de nouveau, à une surcharge des tissus.
La personne éveillée, extravertie, habite " son espace ". Elle est en mouvement, aussi, entraîne-t-elle ses tissus. Le résigné, en revanche, a un air abattu, réfugié dans l'immobilité.
Des recherches récentes ont prouvé qu'il y avait une liaison nerveuse entre les aires du cerveau, où se déploient les processus psychiques, et les cellules qui commandent les muscles dans la moelle épinière.
Techniques de relaxation et gestion du stress peuvent aider à résoudre les conflits.
Souvent, de simples discussions engagées par les personnes concernées entraînent la disparition de douleurs dorsales. Une bonne atmosphère dans le milieu professionnel (l'ameublement, les pauses en font partie) contribue à réduire les tensions.
Transparence dans la répartition du travail, clarté dans l'établissement des champs de compétences et dans les critères d'avancement, ce sont là autant de facteurs qui contribuent à réduire l'éventuel climat d'insécurité régnant au sein d'une entreprise.
Malheureusement, nous n'apprenons pas encore assez, à l'école et pendant la formation professionnelle, à communiquer avec tout la clarté souhaitée et à faire part de nos préoccupations en temps opportun.
Source :
http://www.vistawellness.ch/new/francais/didactiques/didanatomie.htm
article 6 : Les hernies discales du sportif

(suite article 5)
L'existence de hernies discales directement liées à une activité sportive reste controversée.
Deux mécanismes sont habituellement rapportés dans la genèse des hernies discales lors de l'activité sportive.
Comme nous l'avons vu dans le chapitre biomécanique, la torsion semble délétère dans la mesure où le rachis y est soumis de manière répétitive, jusqu'à constitution de la dégénérescence annulaire qui fera alors le nid de la future hernie. La flexion-compression axiale, d'autant qu'elle est associée à une composante d'inclinaison latérale, serait à l'origine de hernies discales de constitution brutale. Certains avancent l'hypothèse que les deux mécanismes cités ci-dessus puissent entrer enjeu dans certains sports, les contraintes de torsions préparant progressivement le disque à"l'accident" en flexion-compression axiale, l'extrusion de matériel nucléaire étant alors facilitée par la détérioration annulaire postérieure.
La fréquence réelle des hernies discales attribuables à la pratique sportive est d'estimation difficile.
Peu d'études épidémiologiques ont été réalisées à la recherche d'un lien entre hernie discale et sport. Pour certains, la hernie discale est plus rare chez le sportif que chez le sédentaire, grâce à l'efficacité de la musculature paravertébrale et abdominale.
Une étude réalisée par Mundt et Coll n'a pas permis d'établir un risque accru de hernie discale chez le sportif, qui serait, au contraire, quelque peu protégé. Seule la pratique du bowling ferait exception, avec un risque relatif de 1,27 .
D'autres études ont permis d'innocenter non seulement le sport, mais également les contraintes physiques des travailleurs de force [24]. Dans une étude en résonance magnétique, le rachis de 45 joueurs de volley-ball a été examiné . Une pathologie discale protrusive a été mise en évidence dans 33 % des cas. Des corrélations ont pu être établies avec le type d'entraînement, davantage qu'avec l'âge des joueurs et le nombre d'années de jeu.
Du point de vue clinique et thérapeutique, la loinbosciatique par hernie discale du sportif ne se distingue pas de celle observée dans la population générale
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Pathologie de l'isthme vertébral chez le sportif
Les lésions de la région de l'isthme, lyse isthmique ou spondylolisthésis, sont communes chez le sportif.
Des facteurs à la fois génétique et environnementaux contribuent à la lyse isthmique. Les hommes sont trois fois plus touchés que les femmes et la population d'origine caucasienne deux fois plus que les afro-américains . Cependant, les facteurs environnementaux sont également importants puisque les lyses isthmiques ne sont pas présentes à la naissance et que 90% des lésions siègent à l'étage L5-S1 .
L'application de charges répétées en L5-S1 peut provoquer une rupture des isthmes alors même que l'intensité de la charge appliquée n'atteint pas les capacités de résistance de l'os .
Ainsi, les sports impliquant des mouvements répétés en hyperextension du rachis lombaire sont associés à une fréquence augmentée des spondylolyses. Il s'agit notamment de la gymnastique où la spondylolyse est 4 fois plus importante que dans la population générale , du football, de l'haltérophilie, de la danse et du plongeon .
La lyse isthmique et/ou le spondylolisthésis sont mis en évidence sur des radiographies standard. Ces radiographies permettent d'apprécier la progression du spondylolisthésis lorsqu'il existe, sur des clichés de profil. Les incidences de profil en flexion et en extension sont également utiles pour juger de l'instabilité.
La prise en charge des lésions de l'isthme chez le sportif reste controversée. De nombreuses méthodes allant du repos et de la diminution d'activité jusqu'à l'arthrodèse ont été proposées.
Micheli propose le port d'un corset rigide en polypropylène, inimobilisant le patient en position neutre et porté en permanence pendant 6 mois [3]. Cet auteur rapporte une fréquence de 85 % de patients sans symptôme après ce protocole. Les activités sportives sont permises lorsqu'elles sont tolérées avec le corset après une phase initiale de 3 à 4 semaines. Le port du corset pour des périodes plus courtes allant de 6 semaines à 3 mois a également été proposé .
Pour certains, la tomoscintigraphie serait une aide précieuse afin de déterminer le moment de la reprise de l'activité sportive: l'hyperfixation localisée traduirait une lésion encore active rendant plus aléatoire la reprise des activités .
Chez le sportif, comme dans la population générale, la présence d'une spondylolyse, souvent asymptomatique, ne doit pas empêcher de rechercher les autres étiologies de lombalgies et ce d'autant plus que les symptômes persistent après 2 ou 3 mois
Chez le très jeune athlète avant la fin de la croissance, il semble nécessaire de contrôler le glissement tous les six mois par des clichés comparatifs. En effet à cet âge, le glissement est quasi constant et peut être asymptomatique .
Chez l'athlète adulte, lorsque le glissement est inférieur ou égal à 25 %, on considère généralement qu'en l'absence de symptôme, une reprise des activités sportives est possible même s'il s'agit d'un sport à haut risque [40]. Lorsque le glissement dépasse 50%, on considère généralement que les sports à haut risque ne doivent pas être repris .
Lorsque la symptomatologie douloureuse persiste ou lorsque des signes neurologiques apparaissent malgré le traitement médical, un traitement chirurgical doit être envisagé.
Certains auteurs pensent même que lorsque le glissement est supérieur à 5 0 % ou plus sur un rachis "immature ", une stabilisation chirurgicale doit être envisagée même chez les patients asymptomatiques [37, 41, 42]. Cette opinion reste très débattue.
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Fractures du rachis lombaire,
fracture isolée des apophyses transverses et épineuses chez le sportif
Les lésions rachidiennes traumatiques survenant lors d'accidents de la route ou de chutes de lieux élevés (parachutisme, équitation) peuvent être associées à des lésions multiples qui peuvent passer au premier plan et retarder le diagnostic du traumatisme du rachis.
Dans d'autres cas, la lésion rachidienne est isolée et la pratique de certains sports attire immédiatement l'attention (plongeon en eau peu profonde, ski, motocyclette).
Fractures du rachis lombaire
La question la plus importante à laquelle se trouve confronté le thérapeute est celle de la stabilité. Le degré d'instabilité résulte directement de l'étendue des lésions.
On distingue habituellement des lésions stables, des lésions instables à déplacement progressif et des lésions instables avec risque de déplacement soudain et incontrôlable. Les lésions osseuses pures sont généralement stables, les lésions ligamentaires pures ont un risque de déplacement secondaire lent et progressif, les lésions associées osseuses et ligamentaires telles que les fractures comminutives avec lésions ligamentaires ont un risque de déplacement secondaire soudain et incontrôlable [43].
Les fractures de la charnière dorso-lombaire ont la particularité de se situer au niveau d'un changement de courbure à la jonction d'un rachis dorsal rigide en cyphose et d'un rachis lombaire beaucoup plus mobile avec une courbure en lordose.
Deux problèmes principaux se posent pour ce type de fracture:
le premier est d'ordre mécanique: en effet à la jonction dorso-lombaire, la tolérance des déformations est médiocre avec risque de souffrance des étages sous-jacents;
le deuxième problème est d'ordre neurologique: à ce niveau le canal rachidien contient le cône médullaire terminal dont la lésion est variable selon le traumatisme et la position du tronc en flexion et en extension.
Les fractures de L1 semblent plus fréquentes que les fractures de D12 et dans environ 40 % des cas le trait de fracture est horizontal [43].
Les fractures de L3, L4, L5 sont particulières par leur relative rareté et leur bon pronostic. Le mécanisme principal de survenue est la compression axiale verticale. Lorsqu'il existe des fragments postérieurs intracanalaires, une intervention chirurgicale avec fixation devient alors logique.
Fractures des apophyses transverses
Elles sont observées le plus souvent à l'étage lombaire; elles résultent de deux mécanismes lésionnels principaux: soit un mécanisme par choc direct (rugby, ski, football); soit d'un mécanisme indirect impliquant une inclinaison latérale passive brutale ou une violente contre?inclinaison active notamment au judo.
La palpation des masses paravertébrales retrouve une zone douloureuse, la radiographie confirme généralement facilement le diagnostic.
Au cours de l'évolution, une irradiation douloureuse dans le membre inférieur peut apparaitre notamment lors de la phase de consolidation osseuse faisant parfois évoquer la possibilité d'un conflit tronculaire. L'immobilisation et l'absence d'activité sportive pendant 45 jours permettent dans la grande majorité des cas la disparition de la symptomatologie.
Fracture isolée des apophyses épineuses
La découverte d'une fracture d'une apophyse épineuse impose avant tout d'affirmer son caractère isolé. Trois types de mécanismes traumatiques sont à l'origine de ces fractures.
L'hyperextension appuyée du rachis provoquant un contact direct et violent entre deux épineuses au cours d'un mouvement d'hyperlordose; l'hyperflexion forcée du rachis entraînant une mise en tension brutale des ligaments sus et interépineux pouvant aller jusqu'à la déchirure ligamentaire ou à la fracture avulsion de l'apophyse épineuse, un choc direct appliqué latéralement sur une épineuse pouvant provoquer une fracture isolée de celle-ci [44].
Une tuméfaction visible et palpable, témoin de l'hématome périfracturaire sous-jacent, peut etre observée et oriente vers le diagnostic. Les radiographies de face recherchent un défaut d'alignement des épineuses, les radiographies de profil permettent d'objectiver le trait de fracture; elles sont surtout utiles pour éliminer une association lésionnelle grave.
Comme pour les fractures des apophyses transverses, l'immobilisation et l'absence d'activités sportives pendant 45 jours permettent dans l'immense majorité des cas la disparition de la symptomatologie.
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Lésions diverses des articulaires postérieures
En pathologie sportive, nombreuses sont les circonstances où les articulaires postérieures sont soumises à des traumatismes et des contraintes excessives.
La souplesse du rachis et parfois l'hyperlaxité exigée par certains sports comme la gymnastique et la danse peuvent entraîner à la longue des lésions chondrales des articulaires postérieures par contacts répétés des facettes articulaires lors des mouvements extrêmes.
Dans les sports de lancer comme le javelot et le poids, le geste technique fait passer brutalement le rachis dans les amplitudes diagonales extrêmes d'extension, inclinaison, rotation à flexion et inclinaison rotation opposée. Au cours de ce geste, les articulaires postérieures sont sollicitées rapidement en compression et en étirement maximum.
Dans les sports de smash (volley, tennis) le rachis est sollicité en force avec une composante d'hyperextension puis de flexion inclinaison rotation rapides. Le côté brutal et soudain de ce geste augmente le risque de lésion articulaire aiguë.
D'un point de vue symptomatique, il peut s'agir d'une douleur aiguë survenant brutalement lors d'un " faux "mouvement ou au décours d'une chute ou d'un choc. Parfois la symptomatologie s'installe progressivement après un effort prolongé.
Dans les formes aiguës, l'examen segmentaire du rachis met en évidence un point douloureux précis et des amplitudes articulaires limitées. Une petite ecchymose des plans cutanés postérieurs peut correspondre à une contusion directe ou à une lésion ligamento-musculaire par étirement. La palpation et la pression des massifs articulaires postérieurs, la mobilisation passive en rotation par pression latérale sur les épineuses déterminent le ou les niveaux de souffrance.
Une douleur aiguë localisée apparaissant dès la mise en charge est évocatrice d'une lésion articulaire postérieure. Dans ces lésions aiguës, c'est le scanner ou l'IRM qui permettront de mettre en évidence des arrachements ostéo-périostés, des hématomes, des épanchements intra-articulaires.
Dans les formes subaiguës ou chroniques, la responsabilité de l'articulaire postérieure est beaucoup plus difficile à établir car il existe souvent des lésions associées du disque intervertébral ou des lésions musculo-ligamentaires. Dans ces formes, les douleurs s'installent progressivement et sont plus diffuses.
Il faut rechercher une modification du geste sportif ou du matériel, la notion d'un surentraînement. Les signes d'examen clinique sont peu spécifiques. Toutefois, la notion d'une douleur asymétrique associée à une contracture paravertébrale et une douleur à la pression des massifs articulaires postérieurs peuvent orienter le diagnostic.
Le traitement associe des gestes locaux tels que l'injection intra-articulaire sous scopie, le port d'un lornbostat en résine et des antalgiques par voie générale. Ces mesures seront associées à la correction du geste technique, à l'adaptation du matériel sportif.
La préparation physique insistera sur le renforcement et les étirements symétriques des muscles longs du rachis
Dystrophie rachidienne de croissance et sport
La physiopathologie de la dystrophie rachidienne de croissance n'est pas clairement déterminée mais des enquêtes familiales suggèrent l'existence d'un facteur génétique. 12expression de la maladie et surtout la gravité des lésions observées paraissent en revanche liées à l'existence de contraintes mécaniques excessives.
Dans une étude récente, des lésions prémarginales des plateaux vertébraux ont été mises en évidence de façon significativement plus fréquente chez les jeunes gymnastes féminines et dans les sports de lutte que dans d'autres sports [46]. Dans tous les cas ces lésions sont plus fréquentes que chez les sujets non sportifs.
Dans une observation privilégiée, Van Linthoudt et Revel rapportent l'observation de deux jumelles ayant des lésions focalisées de dystrophie de Scheuermann à un seul niveau vertébral [47]. La soeur ayant pratiqué la gymnastique de manière intensive a une lésion radiologique plus étendue et une symptomatologie douloureuse lombaire. Cette observation souligne le rôle des contraintes mécaniques dans la sévérité de la maladie et sa symptomatologie.
Plusieurs études font état d'une fréquence accrue de dystrophie rachidienne de croissance radiologique chez les judokas. Une étude rapporte 74 % de lésions contre 20 à 30% dans la population générale [48].
Enfin le rôle de contraintes mécaniques répétées sur des plateaux vertébraux en période de croissance a été étudié chez des rats de 6 semaines soumis à une mobilisation passive des premières vertèbres caudales de façon intensive et répétitive pendant 2 mois [49]. Les résultats de ce travail expérimental montrent que ces contraintes sont capables d'induire des lésions proches de celles observées dans la dystrophie rachidienne de croissance.
Il semble donc que si la maladie de Scheuermann est en partie génétiquement déterminée, l'intensité de l'activité physique avant la fin de la croissance détermine quant àelle la gravité des lésions observées et peut?être l'intensité de la symptomatologie douloureuse.
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Muscles et Lombalgies chez le sportif
Plusieurs cas de syndromes de loge des muscles spinaux ont été rapportés
La symptomatologie clinique est assez stéréotypée avec des douleurs latéralisées paravertébrales apparaissant à l'effort, calmées par le repos. Dans une observation privilégiée la fasciotomie des spinaux a normalisé la pression intramusculaire et la douleur à l'exercice. Ces syndromes, bien que vraisemblablement très rares, ne doivent pas être méconnus car cette méconnaissance peut conduire à des traitements agressifs du disque intervertébral ou des articulaires postérieures.
Des arrachements musculo-aponévrotiques des muscles spinaux ont été décrits lors d'efforts de traction, les spinaux étant en course externe, chez des travailleurs de force . Ces lésions doivent survenir également chez les sportifs notamment en haltérophilie et chez les culturistes.
Pour certains, le déséquilibre entre force musculaire et/ou rétraction des quadriceps et des ischio-jambiers pourrait être responsable de lombalgies chez le sportif .
La courbure lombaire peut en effet être contrôlée par des mouvements d'anté- et de rétroversion du bassin: lors d'une flexion du tronc une antéversion proportionnelle du bassin est associée automatiquement, lors de l'extension du tronc l'inverse se produit.
L'antéversion du bassin peut être entravée par une rétraction des muscles ischio-Jambiers ou fessiers et la rétroversion par la rétraction des muscles droits antérieurs ou iliopsoas. Ces rétractions ont un effet d'autant plus défavorable que le sport pratiqué sollicite le rachis lombaire.
La force de ces deux groupes musculaires doit être en harmonie afin que le contrôle de l'antéversion et de la rétroversion du bassin et par là la courbure lombaire puissent se faire normalement.
On a rapporté dans un groupe de rameurs d'élite, une perte en jours d'entraînement nettement plus élevée en raison de douleurs lombaires chez ceux dont les rapports de force ischio-jambiers/quadriceps étaient inférieurs à 0,5
Le syndrome myofascial est un syndrome douloureux qui provient d'un muscle et en particulier de façon très caractéristique d'un point gâchette .
L'origine du point gâchette serait attribuable à une activité physique mettant en tension de façon spécifique un muscle soit par étirement brusque soit par une situation de surmenage par contractions répétées excessives ou par maintien du muscle en position raccourcie prolongée. La pression du point gâchette provoque une douleur sourde et profonde ainsi qu'une irradiation propre à chaque muscle atteint.
Des critères de diagnostic ont été proposés pour ce syndrome,
Les 5 critères majeurs associent:
une douleur régionale;
une sensibilité altérée dans le territoire de la douleur référée du point gâchette;
la présence d'une bande tendue palpable dans le muscle;
un point de douleur exquise le long de la bande tendue;
un certain degré de limitation de l'amplitude articulaire.
Il existe également trois critères mineurs :
la reproduiction de la douleur connue du patient par la pression directe du point douloureux;
la provocation d'une réponse locale par la palpation transverse du point douloureux ou lors de l'insertion d'une aiguille dans le point gâchette;
le soulagement de la douleur par l'étirement du muscle ou par l'injection, avec un produit anesthésique, du point gâchette.
Plusieurs syndromes myofasciaux ont été décrits notamment celui du carré des lombes, de l'iliocostal et du petit fessier. La prise en charge thérapeutique de ces syndromes myofasciaux associe le repos sportif, l'étirement des muscles impliqués et l'injection des points sonnettes par un anesthésique local.
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Prévention et reprise du sport
La fréquence de la pathologie lombaire chez le sportif devrait être considérablement réduite par le respect de règles de prévention essentielles.
L'apprentissage gestuel précoce et le respect de règles techniques de base sont les garants d'une protection efficace du rachis [57].
Le respect des règles de dosage et de progression des exercices, l'adaptation du contenu de l'entraînement au morphotype de l'athlète et à son âge, la régularité de la pratique, un suivi médical de qualité nécessitant une collaboration étroite entre le sportif, l'entraîneur, le kinésithérapente et le médecin sont les garants d'une hygiène et d'un équilibre rachidiens lombaires souvent précaires chez l'athlète.
L'entrainement doit être progressif avec échauffement prolongé en insistant sur la tonification abdominale en raccourcissement, sur le stretching des muscles ischio-jambiers, des adducteurs, des pelvitrochantériens.
Une évaluation régulière de la condition physique (en isocinétique ou non) est indispensable chez l'athlète de haut niveau.
Le retour à l'activité sportive après une lombalgie est toujours un problème difficile.
La date de la reprise est nécessairement individualisée en fonction de l'âge, de la condition physique, du sport pratiqué, du type de traitement proposé.
Lorsque le mécanisme suspecté dans la genèse des douleurs est une fissure annulaire, une lésion capsulo-ligamentaire, il parait raisonnable de proposer une période d'inactivité allant de 4 à 6 semaines afin de permettre une cicatrisation des lésions tissulaires. La reprise doit être progressive et précédée d'un réentramement destiné à redonner au sportif une force musculaire et une mobilité convenables.
Les risques de récidive doivent être bien compris par un sportif préparé à les accepter. En fonction des lésions et du traitement, une adaptation du geste sportif doit être discutée avec l'entraîneur.
Quel que soit l'âge de l'athlète, quelle que soit l'étiologie, tout rachis douloureux aigu impose l'arrêt des activités physiques pendant le délai de cicatrisation. En revanche en cas de douleurs chroniques, après avoir éliminé une étiologie " curable ", les limitations de l'activité physique seront fonction de la tolérance de l'athlète à ses douleurs.
Conclusion_______________________
Les lésions observées et la symptomatologie décrite en pathologie lombaire chez le sportif ne se distinguent pas de la population générale. Le sport de loisir est vraisemblablement un élément de bien-être ne générant pas une recrudescence des phénomènes douloureux lombaires.
En revanche, le sport de compétition et ce d'autant qu'il a été débuté jeune et sur un rachis fragilisé, semble capable d'induire ou d'aggraver des lésions anatomiques (spondylolyse, accentuation des lésions de la plaque cartilagineuse au cours des dystrophies rachidiennes de croissance).
L'intensité de l'entrainement sportif pourrait être responsable d'une recrudescence des phénomènes douloureux que ce soit en fréquence ou en intensité.
La prévention des accidents sportifs passe par un échauffement long et rigoureux, un travail en étirement des muscles à l'étage sous-pelvien et un renforcement des muscles extenseurs et fléchisseurs du rachis. La reprise de l'activité sportive après une période de douleurs lombaires doit tenir compte du délai de cicatrisation des tissus lésés. Ce délai est le plus souvent de 4 à 6 semaines. Il peut être plus long lorsqu'une intervention a été réalisée notamment pour cure de hernie discale.
La notion selon laquelle il y aurait pour le rachis lombaire de bons et de mauvais sports est vraisemblablement erronée tout du moins en ce qui concerne le sport de loisir. La diminution, voire l'arrêt des activités physiques, s'ils se conçoivent en période douloureuse aiguë, n'ont plus de sens lorsque les douleurs deviennent chroniques. Dans ces conditions la reprise des activités sportives est essentiellement dépendante des motivations du patient et de sa tolérance à la douleur.
source :
http://www.med.univ-rennes1.fr/section_rachis/sport01.htm

